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Fati
Kouyaté, Jeune artiste
L’héritière des Kouyaté
Née
d’un virtuose de la guitare et d’une cantatrice de renommée
mondiale, il était difficile pour Fatoumata Kouyaté dite
Fati d’emprunter une autre voie. En effet, la fille de Modibo
et de Tata Bambo Kouyaté s’est superbement engagée
sur leurs traces. Elle le démontre sur son premier album annoncé
pour bientôt sur le marché.
«La
musique a changé ma vie» ! La confession sincère
peut vous paraître anodine, simple… Mais, elle résume
éloquemment le mariage de Fatoumata Kouyaté avec la musique.
Avec une élégance distillée à coup de sourires
charmeurs et une timidité candide, Fati ne s’enflamme pas
trop lorsqu’elle parle de son coup d’essai. «J’ai
donné le meilleur de moi-même pour la réalisation
de cet album et j'espère qu'il comblera les attentes des mélomanes»,
sommes nous parvenus à lui arracher. Et pourtant, elle ne doit
nourrir aucun complexe par rapport au résultat de son travail
qui tient déjà la dragée haute aux œuvres
des ténors dans les hit-parades nationaux.
Cet album de huit titres a été produit par Wanda Records
label du rossignol Salif
Kéita. Il comporte des titres comme Djéliya.
«Je veux perpétuer la tradition familiale. De plus
en plus de jeunes ignorent ce que c’est qu’un griot, sa
fonction, sa place… dans une société. Il nous revient
de sauvegarder la mémoire collective», dit-elle. Cet
album est également un délicieux hymne à la paix,
à l’amour et une merveilleuse reprise de «Bambo»,
la chanson qui a fait, en partie, la notoriété de sa mère.
Mais loin de la jeune artiste cantatrice la volonté de bâtir
sa réussite sur le succès de ses parents, cette reprise
plutôt une reconnaissance et un hommage mérité à
sa mère dont elle bénéficie des conseils et de
l’expérience. Même si cette jeune Khasonké
branchée à la silhouette de mannequin
reconnaît que, «Tata joue un grand rôle dans ma
carrière. Au-delà de ses conseils et encouragement, son
nom m’ouvre les portes partout dans le monde. Ce qui est un avantage
inestimable par rapport à d’autres jeunes artistes».
Sa
maman lui a transmis le virus de la chanson à l’enfance.
«J’étais inséparable de ma mère.
Je la suivais partout et je suivais ses répétitions en
essayant de l’imiter…», explique la séduisante
Fatoumata. Elle apprend vite et devient cantatrice de ses amies à
l’école. A dix ans, son talent éclate et elle a
du mal à suivre les cours. Elle s’arrête d’ailleurs
en 6è année fondamentale. L’intelligence n’est
pas en cause. «Je ne parvenais plus à me concentrer.
Même en classe, je pensais à la musique. Je séchais
les cours au profit des cérémonies de baptême et
de mariage».
Pour progresser, l’adolescente ne s’est pas contentée
de la seule école maternelle et paternelle. La passion de la
musique et la volonté de se hisser parmi les meilleurs la conduisent
aux côtés de Sadio Kouyaté, Salif Kéita,
Assan Kida et Assa Dramé, sa sœur aînée.
«J’ai beaucoup appris à leur contact. Le fait
de les côtoyer m’a apporté une grande expérience
qui m’a permis de progresser dans la chanson», reconnaît
Fati.
La vingtaine sonnée, fiancée, Fati ne manque pas de motivation
pour réaliser son ambition. «Mon souhait le plus ardent,
est d’être une grande artiste et avoir plus de succès
que Tata Bambo Kouyaté», confesse-t-elle. Et ceux
qui la connaissent mieux ou ceux qui ont déjà eu le privilège
d’écouter son coup d’essai pensent qu’elle
ne manque pas d’atouts pour réaliser son rêve. A
commencer par son père, Modibo Kouyaté, l’un
des plus grands guitaristes du Mali. «Même si elles
sont de génération différente, Tata et Fati ont
beaucoup de chose en commun. Comme sa mère, Fati aime ce qu’elle
fait. Elle n’est ni compliquée ni complexée. Elle
est très modeste comparativement à d’autres jeunes
artistes de sa génération. Ce sont là des atouts
qui ont permis à sa mère de connaître le succès
qui est sien. Et je suis sûr que si elle reste comme telle, Fati
ira plus loin que Tata», analyse l’époux et
père.
Une analyse partagée par la légendaire cantatrice. Tata
et Modibo constituent le principal rempart assurant à l’héritière
le maintien sur le chemin de la succession, sur la voie de son destin.
Ainsi soit-il pour cette boule d’énergie qui ne manque
pas d’initiative pour enrichir son carquois en apprenant à
jouer à la kora et par sa volonté d'embrasser une carrière
de mannequin.
King Moseto |