Yoro Diallo
 

YORO DIALLO "CEKOROBANI ", ARTISTE DU WASSOULOU
Le talent engagé

Virtuose du kamelen n’goni, inspiré compositeur et interprète à la voix chaleureuse, Yoro Diallo dit "Cièkorobani" (lire Tièkorobani) est aujourd’hui une référence pour les artistes du Wassoulou, sa contrée natale. Rares sont aujourd’hui ces célébrités du "Was" (chants et rythmes du Wassoulou) qui résistent à la tentation de piocher dans son riche répertoire.
"Parmi les artistes du Wassoulou, certains peuvent dire qu’ils ont plus de succès et de notoriété que moi. D’autres diront qu’ils sont plus fortunés que moi. Mais, aucun d’eux ne peut honnêtement soutenir qu’il est plus talentueux que moi ou qu’il ne me doit rien", défie Yoro pour situer sa place dans la musique du Wassoulou.
Et il vous cite, pêle-mêle, Oumou Sangaré, Ramata Diakité, Samba Diallo, Seydou Camara (Paix à son âme). Beaucoup ont puisé soit un rythme, une mélodie ou un pas de danse dans son répertoire. Un riche répertoire constitué a force de travail et de recherche. Mieux, beaucoup de jeunes révélations du "Was" sont passées par son école, surtout au kamelen n’goni. Et cela est un grand motif de fierté pour cet artiste à la fois craint et détesté dans ce milieu.
Il doit son surnom « Cièkorobani (le petit vieux) », à sa sagesse précoce. "A mes débuts dans la chanson, mes thèmes étaient si pertinents et si évocateurs et provocateurs qu’ils surprenaient les personnes âgées. Elles disaient donc que j’étais plus vieux que mon âge parce que je m’exprimais comme un vieillard", explique l’adulte précoce. Cette sagesse lui a surtout permis de savoir rapidement que son destin était lié à la musique. Et, très tôt, il s’est intéressé au kamelen n’goni, un luth traditionnel à six cordes. Un instrument dont il fera de la promotion internationale sa principale mission. "Avant moi, il y a eu des gens comme Allata Broulaye (Paix à son âme) qui ont donné une certaine popularité au kamelen n’goni. Mais, je pense avoir été le premier à l’accorder avec les instruments modernes", soutien-t-il. Cette mission, il va la mener de Wassala (son village natal situé à 15 Km de Yanfolila) à Abidjan en passant par Bamako.

Succès inimaginable

Et aujourd’hui, le kamelen n’goni est devenu un instrument presque incontournable dans la musique malienne. Et Yoro Diallo y est pour quelque chose. "Personne ne pouvait imaginer que le kamelen n’goni pouvait connaître un succès mondial au point d’éclipser des instruments traditionnels mythiques comme le Donso n’goni", explique le virtuose. Mais, ce succès lui a valu beaucoup d’adversité et souvent d’animosité dans le cercle des joueurs de Donso n’goni et d’autres artistes qui se sont vus éclipser par le talent de ce jeune ambitieux.

Prolifique discographie

Cette mission a surtout été facilitée par le génie de Yoro dans la composition et dans l’arrangement. Ce qui fait qu’il n’a à son actif que des albums à succès. A commencer par "Bèmankan", le premier de la série sortie au début des années 90, et "Le retour de Yoro" le dernier-né l’année dernière et qui connaît toujours un succès phénoménal. "Le premier album m’a réellement lancé dans le show biz. Et celui qui vient de sortir confirme ma place de ténor dans le Wassoulou", précise l’As du kamelen n’goni.
Ce talent incontesté dispose aujourd’hui d’une discographie riche de huit albums dont deux œuvres en duo avec Ténin Sidibé (sa première épouse, paix à son âme) et Samba Diallo (son frère cadet).

Expérience à partager

"Mon souhait est de partager mon expérience et mes connaissances avec tous ceux qui m’admirent. D’autant plus que c’est moi qui gagne le plus parce qu’ils m’apportent toujours un plus pouvant m’enrichir", estime-il à propos de ce genre d’échanges sur les albums.
Ce qui vient battre en brèche les allégations d’égoïsme que certains tente de lui coller. Après le somptueux "Badenya", Yoro annonce pour bientôt un autre album avec Samba Diallo, son cadet. Engagement sans failles Cièkorobani sait pertinemment que beaucoup le détestent aujourd’hui et font courir toutes sortes de rumeurs pour ternir son image. Ce qui n’est pas surprenant pour qui connaît l’homme ou a eu le privilège de causer avec lui. Cièkorobani n’a pas la langue dans la poche et n’hésite pas à dire au micro ce que les autres murmurent.
Et il l’a démontré lors de la récente visite du Chef de l’Etat (15 avril 2004), Amadou Toumani Touré, à Yanfolila, la capitale du Wassoulou. "J’ai fait comprendre à ATT que venir au Wassoulou est un véritable calvaire en toute saison. Et nous sommes fréquemment coupés du monde parce que la localité ne dispose pas de téléphone. Bref, le Wassoulou manque d’infrastructures adéquates pour mettre en valeur ses immenses potentialités agro-minières", explique-t-il. Des messages contenus dans le nouvel album, "Wassolon Sira", de Djagawara Sali (son épouse) bientôt disponible sur le marché. Il ajoute avoir dit au président de la République, "tu as brigué la présidence parce que tu étais conscient de la confiance des citoyens. Et ceux-ci te l’ont réaffirmé en t’élisant. Mais, cette confiance se mérite en partageant les préoccupations des populations...".

Préoccupations partagées

Un message reçu 5/5 par le Chef de l’Etat qui a promis aux populations pas moins de 50 millions de F CFA (€ 76.225,00) pour l’amélioration des conditions de vie des populations, les femmes et les jeunes surtout. Mieux, la réalisation de la route Yanfolila / Bougouni est désormais inscrite parmi les priorités du gouvernement. "Nous devons tout au Wassoulou. Nous ne pouvons plus nous contenter de dire : je suis du Wassoulou et se limiter à ça. Il faut que nous nous battions pour le développement de cette contrée et l’amélioration des conditions de vie de ses populations. Et cela, nous le pouvons parce que, avec notre succès et toutes nos relations, nous pouvons ouvrir beaucoup de portes aujourd’hui. Nous pouvons mobiliser en faveur du Wassoulou". Comme on le voit, Cièkorobani n’y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il s’agit d’assener ses quatre vérités. "Je suis compréhensif lorsqu’on m’expose son problème avec sincérité et franchise. Mais, cela ne sert à rien de ménager quelqu’un sur la base du mensonge".

Le goulot de la piraterie

"La musique m’a tout apporté en termes de connaissances et de relations au Mali et à travers le monde. Elle m’a permis de beaucoup voyager et de découvrir plein de choses", reconnaît Yoro Diallo. Malheureusement, son bonheur s’arrête-là parce qu’il n’a jamais bénéficié pleinement des retombées financières de l’immense succès de ses albums. Et cela à cause de la piraterie. "La fin de ce phénomène ne tient qu’aux autorités, surtout au Bureau malien du droit d’auteurs (BUMDA). Si ce service se donne réellement les moyens de jouer pleinement son rôle, les pirates vont se reconvertir dans d’autres activités. Mais, il est difficile de trouver l’aiguille qu’on cache sous ses pieds...".

Bientôt des surprises agréables

A 43 ans, marié et père de deux enfants, Yoro dit n’avoir encore rien montré de son immense talent. Et il promet, certainement en complicité avec Mali K7 SA, plein de surprises agréables à ses fans. N’en déplaisent à ses détracteurs, Cièkorobani est un grand artiste qui a plusieurs cordes à son arc et dont le carquois n’est pas prêt à se vider.
King Moseto

 

YORO DIALLO "CEKOROBANI", ARTIST OF THE WASSOULOU
The committed talent


Virtuoso of the kamelen n’goni, inspired type-setter and interprets with a cordial voice, Yoro Diallo called "Cièkorobani" (read Tièkorobani) is today a reference for the artists of Wassoulou, his native region. Rare are today these celebrities of the "Was" (songs and rhythms of Wassoulou) who resist temptation to dip into his rich repertory.
"Among the artists of Wassoulou, some can say that they have more success and of notoriety than me. Some others will say that they are richer than me. But, no one can honestly maintain that he’s more talented than me or that he doesn’t owe me anything ", defies Yoro to locate his place in the music of Wassoulou.
And he quotes higgledy-piggledy Oumou Sangaré, Ramata Diakité, Samba Diallo, and late Seydou Camara. Much drew at least a rhythm, a melody or a step of dance in his repertory. A rich repertory made up by dint of research and labour. Many young revelations of the "Was" passed by his school, especially for the kamelen n’goni. And that is a great ground of pride for this artist who is at the same time feared and hated in this world.
He owes his nickname "Cièkorobani (the old man)", to his early wisdom. "When I began singing, my topics were so relevant and so evocative and provocative that it surprised the old people. They thus said that I was older than my age because I expressed like an old man", he explains. This wisdom enabled him to know quickly that his destiny was related to music. Very early, he took an interest in the kamelen n’goni, a traditional lute with six strings. He made of the international promotion of this instrument his principal mission. "Before me, there were people like late Allata Broulaye who gave some popularity to the kamelen n’goni.
But, I think I’m the first who use it with modern instruments
", he said. He will carry out this mission from Wassala (his native village located at 15 km from Yanfolila) to Abidjan passing by Bamako.
Unimaginable success
And now, the kamelen n’goni became an essential instrument to Malian music. And Yoro Diallo played an important role in that. "Nobody could imagine that the kamelen n’goni could have so much world success to eclipse mythical traditional instruments like the Donso n’goni", explains the virtuoso. But, this success won him much adversity and animosity in the circle of the Donso n’goni players and other artists who was eclipsed by the talent of this ambitious young artist.

Prolific discography

This mission was facilitated by the genius of Yoro in composition and arrangement. That’s why he has only successful albums: "Bèmankan", the first of the series was released at the beginning the Nineties, and "le retour de Yoro" the last one was released last year and still have a phenomenal success. "The first album really launched me in the show biz. And the last one confirms my place of tenor in Wassoulou", specifies the Ace of the kamelen n’goni.
This uncontested talent has a rich discography of eight albums including two works in duet with late Ténin Sidibé (his first wife) and Samba Diallo (his younger brother).

Experience to share

"My wish is to share my experience and my knowledge with all those who admire me. All the more as I’m the one who win the more because they always bring me something more being able to enrich me ", he estimates concerning this kind of experiences on the albums.
That breaks the allegations of selfishness some tried to stick on him. After the sumptuous "Badenya", Yoro announces another album with Samba Diallo, his junior brother, for soon. Totally engaged, Ciékorobani knows pertinently that many hate him today and do their best to tarnish his image. It’s not surprising for anyone who knows the man or had already had the privilege to chat with him. Ciékorobani is not afraid and do not hesitate to say in the microphone what the others murmur.
He proved it during the recent visit of the president (April 15, 2004), Amadou Toumani Touré, in Yanfolila, the capital of Wassoulou. "I told ATT that coming in Wassoulou is a real martyrdom in any season. And we are frequently cut off from the rest of the world because the locality does not have telephone. In short, Wassoulou has no adequate infrastructures to develop his immense agro-mining potentialities", he explains; messages contained in the new album, "Wassolon Sira", of Djagawara Sali (his wife) soon available on the market.
He also told the president, "You sought the presidency because you were conscious that the citizens trusted in you. And they reaffirmed it by choosing you. But, this confidence must be deserved by sharing the concerns of the populations...".

Shared concerns

A message completely received by the president who promised at least 50 million FCFA (€ 76.225,00) for the amelioration of the living conditions of the populations, especially the women and the young people. The construction of the road connecting Yanfolila to Bougouni is from now on registered among the priorities of the government. "We owe everything to Wassoulou. We cannot any more only say: I am of Wassoulou and limit ourselves to that. It is necessary to fight for the development of this region and the amelioration of the living conditions of its populations. We can do it because, with our success and all our relations, we can open much doors today. We can mobilize in favour of Wassoulou". As we see, Cièkorobani does not hesitate to tell the truth. "I understand when one tells me his problem with sincerity and frankness. But, that is not used to spare someone on the basis of lie".

Piracy

"Music brought me everything in terms of knowledge and relations in Mali and throughout the world. It allowed me to travel a lot and discover a lot of things", recognizes Yoro Diallo. Unfortunately, his happiness is only that because he has never profited fully from the financial repercussions of the huge success of his albums because of piracy. "The end of this phenomenon is only in the hands of the authorities, especially at the Malian Office of authors’ right (BUMDA). If this service really plays its part fully, the pirates will reconvert into other activities. But, it is difficult to find the needle you hide under your feet... ".

Soon pleasant surprises

At 43 years old, married and father of two children, Yoro says that he hasn’t shown the totality of his immense talent yet. And he promises, certainly in complicity with Mali K7 SA, lot of pleasant surprises to his fans. To displease to his detractors, Cièkorobani is a great artist who has several cords on his bow and his quiver is not ready to go empty.
King Moseto

 
P 27/04/2004