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07 Avril 2003
Nouvelle série

LE PHENOMENE AMKOULLEL

Amkoulllel ! Ce nom vous dit certainement quelque chose surtout si vous êtes jeunes et adeptes du rap. De son vrai nom Issiaka Bâ, Amkoulel s'est imposé en un laps de temps comme un leader incontournable du mouvement hip hop malien. L'originalité, le jeune rappeur l'a dans son beat et surtout dans le choix de ces thèmes aussi pertinents les uns que les autres. C'est surtout un jeune artiste très engagé. Un engagement qui se manifeste naturellement sur son premier album, "Infaculté", sorti le 08 août 2002. Infaculté est une œuvre très mature, savamment mijoté pour en faire un tube à succès. Et les fruits sont presque déjà à la hauteur des attentes. Parce que depuis sa sortie, Amkoullel ne quitte plus la scène à cause de nombreuses sollicitations.
C'est aussi un album qui concrétise l'engagement du jeune peulh avec des titres très évocateurs et accrocheurs. L'introduction même, "Je suis", est en soi tout un art et tout un message qui définit pertinemment la personnalité de ce jeune rappeur.

"Cette chanson, tout en étant une introduction à mon album est une façon de me présenter, en faisant un échantillonnage des différents styles que j'utilises dans ma façon de rapper (dans mon flow) et les différentes langues que j'utilises (le français, et le bambara)".
" Elle véhicule aussi ma personnalité qui s'articule autour de l'idée de l'autonomie de la pensée, de l'identité : "je suis !,parce que je ne suis (suivre) personne …"
"Mali kalanko" et "Infaculté" (l'incapacité, l'existence virtuelle de faculté, avec le préfixe "in" pour la négation de l'existence d'une quelconque faculté ou Université …) dans lesquels il critique les élèves et étudiants qui suivent aveuglement des leaders de leur association dont les leaders visent pourtant que leurs propres intérêts. Il met en relief les lacunes du système éducatif et renvoi élèves, étudiants, parents, enseignants et autorités dos à dos par rapport à la persistance de la crise scolaire que le Mali traverse depuis plus d'une décennie. Africaniste convaincu, il est contre le mimétisme. C'est peut être pourquoi dans "A Guodon", il exhorte les mélomanes à danser comme ils conçoivent la musique et non comme le font les autres. Pour lui, la danse et la musique sont universelles et chacun peut danser selon son inspiration. Style ragga hip-hop, cette chanson à été faite pour les personnes qui aiment danser. Ses paroles disent : lâchez-vous ! Dansez ! N'aillez pas honte de vous lâcher, il faut que le son pénètre ta peau !

Cette chanson fait également les louanges des soirées bamakoises où l'on s'éclate comme des fous ! Dans un autre titre phare mais ironique de l'album, "Les gens heureux" Amkoullel, très satyrique, "des imbéciles heureux, des insouciants, et de ceux qui ne réfléchissent pas par eux-mêmes , soumis aux intoxications de la communication de la société de consommation d'aujourd'hui. Aucun jugement critique constructeur sur la politique dans le pays et le reste du monde".
Dans "Infaculté", les femmes sont naturellement à l'honneur. En effet, dans "Mère si", le jeune rapeur rend, à travers sa mère, un vibrant hommage à toutes les femmes dévouées à la réussite de leurs enfants. "Merci !", et "Mère ! si" seulement tu n'avait pas été là ! Sans ma mère, je ne serais aujourd'hui l'homme que je suis. Un message à tous ceux qui n'ont pas connue la présence d'un père et qui utilisent ce prétexte pour justifier leurs comportements de délinquant. Chanson d 'amour pour ma mère et toutes les mères qui s'occupent de leurs enfants, reconnaît ce garçon poli et apparemment très timide.

Charmant et beau garçon, Amkoulel est actuellement l'incontestable coqueluche des jeunes branchés du pays, surtout après deux brillantes prestations aux côtés de deux rastaman leaders de la jeunesse africaine : Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly. Sa compagnie est très recherchée par les mélomanes et surtout par les jeunes, charmantes et élégantes Bamakoises. Heureusement que, malgré cet énorme succès, "le Petit Amkoullel" reste sage et garde la tête sur les épaules et les pieds sur … scène !
Visiter : www.amkoullel.com

POSTHUME HOMMAGE
Douloureusement arrachée à notre affection le 24 janvier dernier, un vibrant hommage a été rendu à Tata Diakité. C'était le vendredi 28 mars 2003 au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bâ de Bamako. L'idée de ce Gala avait fait surface suite à la menace de la clinique Pasteur d'expulser Tata Diakité alors qu'elle souffrait déjà physiquement et moralement. Victime d'un accident de la circulation quelques semaine plus tôt, elle venait tout juste d'être amputée d'une jambe.
Face donc à cette menace, le collectif des artistes du Wassoulou, des producteurs et le département de la Culture avait initié ce spectacle pour venir en aide à sa famille. Malheureusement, Tata est finalement décédée à la veille de ce spectacle et surtout de son évacuation en France. Néanmoins le collectif des artistes du Wassoulou, Ganadougou et Banimonotié a tenu à organiser ce concert géant afin de lui rendre un hommage posthume et surtout pour venir en aide à ses trois enfants à qui sont destinées les recettes de la soirée. C'est ainsi que plus d'une vingtaine d'artistes se sont retrouvés sur la scène du théâtre Bazoumana Sissoko. Parallèlement à ce spectacle, un album "Best of" est sur le marché et une partie des revenus de cette vente sera versée aux orphelins de Tata Diakité. Malheureusement cette œuvre de bienfaisance n'est pas épargnée par la piraterie. Cruel destin pour les artistes Maliens.

ZIRIN LIVE
Initié par Lassana Igo Diarra, la deuxième édition de "Zirin Live" (Zirin Rap) a connu un franc succès le samedi 15 mars 2003 au Centre Culturel Français de Bamako. Cette édition a été rehaussée par la participation des comédiens de l'Institut National des Arts et qui ont assuré la mise en scène ce rendez vous désormais annuel. Mention bien à l'Association Balani's avec à sa tête Monsieur Igo Diarra qui a réussit le pari réunir sur la même scène une partie de la crème du hip hop malien : Doudou Soul, Déné Issébéré, Amkoullel et les Zion B. sans budget (150.000 Fcfa don Centre Culturel Français). "Si dieu nous donne longue vie, nous allons à l'avenir intégrer la production d'un support vidéo et une compilation musicale, c'est la seule manière d'enseigner aux enfants les vertus de notre société surtout que ces valeurs traditionnelles ont tendance à céder le pas à une culture étrangère" disait Monsieur Diarra à l'issue de la rencontre.