| Petit
à petit l'oiseau fait son nid
Adama Yalomba
est revenu d'Allemagne où il a participé un festival "International Africa
Festival" à Wuerzburg, du 27 mai au 3 juin 2003. Ce festival, comme son
nom l'indique, a réuni la quasi-totalité des stars de la musique.
Aux cotés de Salif Kéita,
Alpha Blondy et autres, le petit poucet "Adama Yalomba"
a réussi une rentrée fracassante sur la scène internationale. Il avait
déjà affiché ses ambitions lors des prestations inoubliables en France
et en Malaisie.
Plaidoyer
pour un Centre culturel
Après avoir rendu un vibrant hommage à Tata Diakité, les artistes du Wassoulou
sont plus que jamais mobilisés autour du projet de "développement de la
région du Wassoulou."
C'est ainsi qu'ils ont initié une série de concerts à Sikasso et Koutiala
les 13 et 14 juin 2003, Ségou le 28 juin 2003 au stade Amary Daou. Les
fonds récoltés serviront à aider à la construction d'un Centre culturel
au Wassoulou. Une initiative noble qui mérite d'être encouragée quand
on sait que seuls Bamako, Kayes, Ségou, et Sikasso bénéficient d'infrastructures
dignes de ce nom. Si la construction de ce centre culturel se réalise,
il permettra non seulement d'encadrer les talents naissants du Wassoulou,
mais aussi de recevoir des manifestations culturelles à la dimension du
talent des artistes en charge d'animer ces concerts: Djénéba Diakité,
Oumou Sangaré, Djagbawara
Sali, Sali Sidibé, Les Soeurs Sidibé, Yoro Diallo,
Seydou Camara, Mamou
Sidibé, Souley Kanté et … Djos Samaké.
Baptême
!
La confirmation vient de tomber ! Dans la foulée de la fête de la musique,
la Dame du Bélédougou, Rokia
Traoré, et son groupe animeront deux concerts à Bamako les 26
et 27 juin prochain.
Ces concerts qui seront un avant goût de leur "Mali tour" (reporté en
Octobre pour cause d'hivernage) auront pour site le Ciné Babemba (le 26
juin) et la salle Bazoumana Sissoko du Palais de la Culture (le 27 juin
2003). De source bien informée, on indique que le contrat pour l'acquisition
d'une sono de très bonne qualité, qui nous vient du Burkina Faso, a été
ficelé. "Seuls les artistes étrangers qui viennent se produire au Mali
bénéficient de cet avantage, il faut maintenant que les choses changent.
Les Artistes maliens doivent avoir le même traitement que ceux qui viennent
de l'étranger", indique la même source.
Les
stickers au Mali, une efficacité à prouver
20 juin 2002 - 20 juin 2003 ! Cela fait déjà une année que le Bureau malien
du droit d'auteur (BUMDA) a rendu obligatoire l'apposition des stickers
sur toutes les cassettes vendues en République du Mali. Cette opération
était sensée assurer une meilleure protection des œuvres légales. Parce
que le sticker est pour le moment le plus sûr et le plus efficace pour
authentifier la légalité d'une œuvre musicale et artistique. Il permet,
par exemple, de distinguer une cassette légale de sa copie piratée. Mais,
cette opération qui avait suscité beaucoup d'espoir, est aujourd'hui ressentie
comme un échec par la quasi-totalité des producteurs parce que son efficacité
reste à prouver au Mali. Et cela pour plusieurs raisons.
Le sticker n'a pas réussi à maîtriser l'ampleur prise par le fléau de
la piraterie ces dernières années dans notre pays. Un an après le lancement
de cette opération par le BUMDA, le marché du disque est occupé à 90 %
par les vendeurs pirates. Les vendeurs ambulants de cassettes se multiplient
dans nos villes. Malheureusement les produits musicaux qu'ils vendent
sont constitués de 90 à 95 % de cassettes et de CD piratés.
Amusez-vous à cet exercice et vous aurez des surprises. Pis, le phénomène
ne se limite pas à la capitale seulement. Nous avons mené des enquêtes
dans des localités comme Sikasso, Koury, Koutiala, Kadiolo, Ouélésségougou,
Fana, Ségou, etc. Dans celles-ci, ne vendent presque que des cassettes
piratées. L'acquisition d'un appareil pour coller lesstickers a été un
pas décisif dans la lutte contre la piraterie. Elle découle surtout de
la volonté des autorités de s'engager aux côtés des artistes pour la défense
de leurs droits.
Mais,
cela n'est pas une fin en soi. Malheureusement, les stickers n'ont pas
bénéficié de la promotion escomptée de la part du BUMDA. Cette opération
n'a bénéficié que de la seule promotion des annonceurs (producteurs et
distributeurs). Elle devait s'accompagner de plus d'information et surtout
de sensibilisation. Parce que, comme nous le disait récemment la jeune
star Mamou Sidibé,
"le sticker est un moyen efficace de lutte contre la piraterie si elle
est accompagnée d'une politique de sensibilisation des populations dont
l'attitude est déterminante dans le succès de ce combat. Il faut les amener
à identifier le sticker, les informer sur les préjudices subis par les
artistes s'ils ne payent pas des cassettes qui ne portent pas de sticker…".
Cet aspect
doit être aujourd'hui une priorité pour le BUMDA. D'autant plus que dans
les localités où nous avons mené notre enquête, la majorité de nos interlocuteurs
ne font pas la différence entre une cassette légale et sa copie piratée.
Le seul élément déterminant devient alors systématiquement le prix. Et
à ce jeu, les œuvres légales ne peuvent pas soutenir la concurrence.
Pis, ils ignorent qu'en achetant des cassettes pirates, qu'ils condamnent
leurs idoles à la misère, qu'ils brisent de jeunes talents, nuisent à
l'épanouissement de la musique malienne… Seule l'information et la sensibilisation
permettent aux populations de maîtriser ces données.
Et c'est lorsqu'elles auront compris cela que leur choix est peut être
déterminant dans la lutte contre la piraterie, que le sticker peut réellement
produire l'efficacité attendue.
Black
Jacques et King Mosseto
Les
damnés de la piraterie
La vie est la somme de plusieurs matinées faites de haut et de bas. Mais,
ceux qui sont dotés d'un talent par la nature sont supposés vivre de leur
art et de leur savoir-faire. A moins d'une certaine malédiction.
Famoukar n'était pas maudit, mais il n'a pas eu ce privilège. Il
n'a pas pu bénéficier de cet avantage naturel. Et pourtant, dans ce pays,
qui na pas été ému par la voie nasillarde de cet artiste bourré de talent
? Qui a pu résister à l'envoûtante et l'authentique mélodie de ce génie
? Qui ne s'est pas roulé par terre sous l'emprise de son humour caustique
et satyrique ? Parce que rares sont les artistes qui pouvaient se vanter
d'avoir eu autant de succès que Famoukar.
Auteur -
compositeur, interprète, arrangeur, guitariste, comédien…le surdoué était
tout cela à la fois. Et il excellait dans tous les domaines artistiques
parce que né artiste. On comprenait alors que toutes ses œuvres aient
rencontré un succès phénoménal. Malheureusement, cet immense talent ne
lui a rien apporté parce qu'un artiste ne vie pas que de succès. Surtout
si cela ne se traduit pas par une vente conséquente de ses œuvres légales.
Les fans
de Famoukar ne lui ont pas donné cette opportunité vitale. Aussi
est-il mort dans la précarité, dans le total dénuement. Parce qu'il n'avait
en réalité que très peu de fans. Tous ceux qui disaient l'admirer, étaient
en réalité ses pourfendeurs parce qu'ils ne payaient que ces cassettes
piratées supposées être moins chères. Ils ne se sont jamais préoccupés
des moyens de survie de l'artiste. Pour eux, l'essentiel était d'écouter
sa musique, même de très mauvaise qualité au niveau du son.
Famoukar
a donc passé sa vie à travailler pour des pirates.
Et, pis, avec notre complicité à tous. En achetant ses cassettes ou CD
piratés, c'est comme si nous avons livré notre idole les pieds et mains
liés à ses ennemis. Nous l'avons condamné à la misère au point qu'il est
mort dans la solitude, l'exclusion et l'indifférence sans jamais parvenir
à réaliser ses ambitions artistiques et ses projets sociaux.
Et, comble du malheur, sa famille s'est disloquée après ses funérailles.
Certains de ces enfants sont devenus des mendiants, d'autres des drogués,
des alcooliques, des délinquants…, bref, des parias !
Heureusement,
il y a un survivant qui tente aujourd'hui de perpétuer la mémoire de son
père en suivant ses traces dans la musique : Jurutien.
Comme son
père, l'enfant est plein de talent. Mais, nous savons maintenant que cela
n'est plus la garantie du succès artistique et surtout de la réussite
sociale. Allons nous accepter que Jurutien soit condamné au même
triste sort que son père? Pouvons assumer la responsabilité morale de
le voir rejoindre le grand lot des damnés de la piraterie ? Nous aimons
notre musique et notre pays pour cela.
Nous sommes
fiers de nos artistes pour les abandonner entre les serres des pirates.
Alors que chacun s'acquitte de ses devoirs à l'endroit de Jurutien
et de tous les autres artistes.
King Mosseto
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