Mag
: Vous venez de terminer la prise de son de votre prochain album au
studio Bogolan, pourquoi vous avez attendu quatre longues années
pour faire cet album ?
Djagbawara Sali: Nous avons tout simplement pris notre temps
pour bien le faire. Je suis à mon 4e album, mais chaque fois
que j'ai sortit un album le cercle de mes fans s'agrandi. Il ne sert
à rien de faire un album tous les ans si on n'est pas sûr
d'obtenir un résultat probant. En outre, Daga Kolon continu
à passer sur les ondes comme s'il venait de sortir.
A
vous entendre, on a l'impression que vous avez eu beaucoup d'argent
sur le dernier album "Daga Kolon" ?
Pas forcement, au Mali vendre beaucoup de cassettes relève
du miracle tant nos produits sont piratés. Personnellement
je privilégie le bon travail à une hypothétique
rentabilité. Mon premier album a été produit
par Samassa record, le second par Amadou Cissé. Daga Kolon
est une réalisation de Mali k7, le prochain aussi est signé
chez Mali k7, tous ces producteurs vous diront que ma principale exigence
reste les conditions de travail. Chacun à sa chance dans la
vie et pour avoir cette chance, je pense qu'il faut bien faire le
boulot d'abord.
Est-ce
que parce que vous ne vous êtes pas auto produit que vous tenez
ce discours?
Absolument pas, les artistes, les distributeurs et même les
producteurs crient tous à la piraterie, ce n'est pour autant
que la production s'arrête. Les artistes doivent composer les
chansons tout en espérant que les dispositions seront prises
pour amoindrir les méfaits de la piraterie. Les distributeurs
pensent toujours à rentabiliser ses ventes même si ce
n'est pas le cas, ils espèrent toujours. Malgré tout,
nous sommes obligés de continuer à faire rêver
nos fans, à les conseiller, à les consoler et apporter
par la même occasion notre contribution à l'édification
de la nation, même si au Mali les artistes se nourrissent d'angoisse.
Revenons
à notre prochain album, êtes-vous restés dans
le même style ?
Vous voulez dire le Djagbawara ?...On ne change pas quelque chose
qui plait. S'il y a une différence, ce sont peut être
les idées qui évoluent avec la musique mais la base
reste. En ce qui concerne le prochain album, il comporte dix titres
dont un morceau chanté en soninké. Nous avons aussi
ajouté le Ntamani pour améliorer la coloration rythmique.
Néanmoins, nous avons gardé le Djagbawara comme fonds
musical.
Quels
sont les thèmes que vous traités?
Je parle de la scolarisation des filles, de notre vaillante armée,
des difficultés quotidiennes rencontrées par les des
femmes dans leur quête d'intégration économique,
culturelle et sociale…des problèmes sociaux.
Beaucoup
d'Artistes chantent les femmes, l'amour et pourtant dans leur comportement
quotidien on ne sent pas cette conviction. Djagawara Sali chante t-elle
par conviction ?
S'il y a une chose que je regrette beaucoup aujourd'hui, c'est
bien le fait de ne pas avoir fréquenté l'école.
Je ne sais peut être pas lire et écrire, mais je pense
avoir une opinion par rapport aux problèmes de la nation. Je
comprends ce qui se passe autour de moi, j'essaye d'analyser et d'apporter
à ma manière ma modeste contribution. Vous savez, on
dit aussi : fais ce que je te dis, ne fais pas ce que je fais ! On
peut multiplier ces exemples.
Quant à moi, Je chante ce que je sens puisque personne ne compose
mes morceaux à ma place.
Revenons
à la piraterie, avez-vous une solution par rapport à
la lutte contre ce fléau ?
Je n'ai pas de solution miracle car mon métier est de chanter.
Tout ce que je peux dire, c'est que ce combat n'est pas rigoureusement
et correctement mener. Sinon comment comprendre que, d'année
en année, le taux de piratage augmente. Amusez-vous à
vérifier dans les cartons des petits revendeurs, vous verrez
vous-même que dans un carton il n'y a pas deux cassettes légales.
Je me pose souvent la question de savoir si les stickers ont réellement
servit à quelque chose contre la piraterie. Nous voulons continuer
à faire la musique mais il faut d'abord vivre
Le
mot de la fin
Je suis très contente pour ce premier contrat qui porte sur
trois albums avec Mali K7. Je remercie le bon Dieu parce qu'un artiste,
quelque soit son talent, s'il n'a pas un producteur digne de ce nom,
il n'obtiendra aucun succès. Je saisis cette occasion pour
remercier tout le personnel de l'Institut national des arts de Bamako
et tous ceux qui ont contribué à la réussite
de cet album. Je lance un appel aux autorités, aux membres
du Bureau malien du droit d'auteur pour qu'ensemble, on se mobilise
pour lutter contre la piraterie, la mission est certes difficile mais
pas impossible.
J'invite les mélomanes à changer de comportement, les
cassettes pirates tuent la création, le talent et la volonté.
Le prochain album est en mixage, il sera en vente courant octobre
2003. Je compte sur les fans et les mélomanes pour assurer
sa promotion et son succès. Je suis sûre il vous plaira.
Laban
bientôt en Europe
Après avoir raflé toutes les mises au Mali (K7 d'or
de la meilleure vente décernée par Mali K7 SA) Laban,
le dernier album de Oumou
Sangaré, sera bientôt en vente en Europe
et en Amérique. Ce somptueux opus est produit par World Circuit.
Selon certaines indiscrétions, le Producteur qui avait boudé
le produit, le jugeant de piètre qualité, a trouvé
un terrain d'entente avec la star de Wassoulou lors de son récent
passage à Bamako au mois de juin dernier. Laban sera, selon
toute vraisemblance, en vente dans l'espace européen et américain
début octobre 2003. Si ces rumeurs se confirment, la sortie
de l'album Laban sur le marché international permettra de relancer
la carrière de celle qui a avoué, il y a dix jours sur
une étrangère, qu'elle a tellement souffert dans la
vie qu'il lui arrivait de manger dans la poubelle.