N° 20
14 juillet 2003
Salimata Diakité "Djagbawara Sali"
Le Mag, votre Magazine Hebdo d'informations artistiques sur la vie des artistes, a rencontré Djagbawara Sali, celle qui a fait le pari de donner une nouvelle impulsion à la musique du Wassoulou au Studio Bogolan. Entre l'enregistrement de ses titres, elle a accepté de se confier au Mag.

Mag : Vous venez de terminer la prise de son de votre prochain album au studio Bogolan, pourquoi vous avez attendu quatre longues années pour faire cet album ?
Djagbawara Sali: Nous avons tout simplement pris notre temps pour bien le faire. Je suis à mon 4e album, mais chaque fois que j'ai sortit un album le cercle de mes fans s'agrandi. Il ne sert à rien de faire un album tous les ans si on n'est pas sûr d'obtenir un résultat probant. En outre, Daga Kolon continu à passer sur les ondes comme s'il venait de sortir.

A vous entendre, on a l'impression que vous avez eu beaucoup d'argent sur le dernier album "Daga Kolon" ?
Pas forcement, au Mali vendre beaucoup de cassettes relève du miracle tant nos produits sont piratés. Personnellement je privilégie le bon travail à une hypothétique rentabilité. Mon premier album a été produit par Samassa record, le second par Amadou Cissé. Daga Kolon est une réalisation de Mali k7, le prochain aussi est signé chez Mali k7, tous ces producteurs vous diront que ma principale exigence reste les conditions de travail. Chacun à sa chance dans la vie et pour avoir cette chance, je pense qu'il faut bien faire le boulot d'abord.

Est-ce que parce que vous ne vous êtes pas auto produit que vous tenez ce discours?
Absolument pas, les artistes, les distributeurs et même les producteurs crient tous à la piraterie, ce n'est pour autant que la production s'arrête. Les artistes doivent composer les chansons tout en espérant que les dispositions seront prises pour amoindrir les méfaits de la piraterie. Les distributeurs pensent toujours à rentabiliser ses ventes même si ce n'est pas le cas, ils espèrent toujours. Malgré tout, nous sommes obligés de continuer à faire rêver nos fans, à les conseiller, à les consoler et apporter par la même occasion notre contribution à l'édification de la nation, même si au Mali les artistes se nourrissent d'angoisse.

Revenons à notre prochain album, êtes-vous restés dans le même style ?
Vous voulez dire le Djagbawara ?...On ne change pas quelque chose qui plait. S'il y a une différence, ce sont peut être les idées qui évoluent avec la musique mais la base reste. En ce qui concerne le prochain album, il comporte dix titres dont un morceau chanté en soninké. Nous avons aussi ajouté le Ntamani pour améliorer la coloration rythmique. Néanmoins, nous avons gardé le Djagbawara comme fonds musical.

Quels sont les thèmes que vous traités?
Je parle de la scolarisation des filles, de notre vaillante armée, des difficultés quotidiennes rencontrées par les des femmes dans leur quête d'intégration économique, culturelle et sociale…des problèmes sociaux.

Beaucoup d'Artistes chantent les femmes, l'amour et pourtant dans leur comportement quotidien on ne sent pas cette conviction. Djagawara Sali chante t-elle par conviction ?
S'il y a une chose que je regrette beaucoup aujourd'hui, c'est bien le fait de ne pas avoir fréquenté l'école. Je ne sais peut être pas lire et écrire, mais je pense avoir une opinion par rapport aux problèmes de la nation. Je comprends ce qui se passe autour de moi, j'essaye d'analyser et d'apporter à ma manière ma modeste contribution. Vous savez, on dit aussi : fais ce que je te dis, ne fais pas ce que je fais ! On peut multiplier ces exemples.
Quant à moi, Je chante ce que je sens puisque personne ne compose mes morceaux à ma place.

Revenons à la piraterie, avez-vous une solution par rapport à la lutte contre ce fléau ?
Je n'ai pas de solution miracle car mon métier est de chanter. Tout ce que je peux dire, c'est que ce combat n'est pas rigoureusement et correctement mener. Sinon comment comprendre que, d'année en année, le taux de piratage augmente. Amusez-vous à vérifier dans les cartons des petits revendeurs, vous verrez vous-même que dans un carton il n'y a pas deux cassettes légales. Je me pose souvent la question de savoir si les stickers ont réellement servit à quelque chose contre la piraterie. Nous voulons continuer à faire la musique mais il faut d'abord vivre

Le mot de la fin
Je suis très contente pour ce premier contrat qui porte sur trois albums avec Mali K7. Je remercie le bon Dieu parce qu'un artiste, quelque soit son talent, s'il n'a pas un producteur digne de ce nom, il n'obtiendra aucun succès. Je saisis cette occasion pour remercier tout le personnel de l'Institut national des arts de Bamako et tous ceux qui ont contribué à la réussite de cet album. Je lance un appel aux autorités, aux membres du Bureau malien du droit d'auteur pour qu'ensemble, on se mobilise pour lutter contre la piraterie, la mission est certes difficile mais pas impossible.
J'invite les mélomanes à changer de comportement, les cassettes pirates tuent la création, le talent et la volonté. Le prochain album est en mixage, il sera en vente courant octobre 2003. Je compte sur les fans et les mélomanes pour assurer sa promotion et son succès. Je suis sûre il vous plaira.

Laban bientôt en Europe
Après avoir raflé toutes les mises au Mali (K7 d'or de la meilleure vente décernée par Mali K7 SA) Laban, le dernier album de Oumou Sangaré, sera bientôt en vente en Europe et en Amérique. Ce somptueux opus est produit par World Circuit.
Selon certaines indiscrétions, le Producteur qui avait boudé le produit, le jugeant de piètre qualité, a trouvé un terrain d'entente avec la star de Wassoulou lors de son récent passage à Bamako au mois de juin dernier. Laban sera, selon toute vraisemblance, en vente dans l'espace européen et américain début octobre 2003. Si ces rumeurs se confirment, la sortie de l'album Laban sur le marché international permettra de relancer la carrière de celle qui a avoué, il y a dix jours sur une étrangère, qu'elle a tellement souffert dans la vie qu'il lui arrivait de manger dans la poubelle.

Les Go du Kotéba aussi
Bamako est-elle en train de devenir la capitale du show-biz africain? Après la brillante prestation de la Dame du Bélédougou au Babemba, le retour fulgurant de Cheick Tidiane Seck au Palais des Congrès, les Go du Kotéba aussi ont réussit leur passage à Bamako.
C’était le vendredi 4 juillet 2003 au Centre culturel français de Bamako. Un spectacle qui prouve, si besoin en est, que les Go de Kotéba n’ont rien perdu de leur jouvence et de leur vivacité sur scène. Depuis les années 96-67, les Go ne s’étaient pas produites à Bamako.
Ce séjour bamakois a permis aux Go ( Awa et Maté) de faire d'une pierre deux coups puisque, quelques jours avant le concert, Mali K7 avait mis sur le marché la dernière production des Go Dan Gna. Une délicieuse galette composée de douze titres mélodieux sur lesquels la voix de Awa et Maté explose.
Dan Gna est en vente sur toute l’étendue du territoire nationale sur support cassettes et CD.

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