N° 24
11 août 2003

Ali Farka Touré au Folklife Festival "Pour l'honneur de la patrie"
L'une des grandes attractions de la participation malienne au Folklife Festival (Washington USA) sans doute été les stars de la musique. Pour ceux qui connaissent leur talent, leur réputation et leur aura, ils savent également qu'il n'est facile de rassembler Ali Farka Touré, Salif Kéita, Mariam Bagayogo, Oumou Sangaré, Néba Solo, le Kanaga de Mopti, Mamou Thiero et les Tartit sur la scène d'un même festival. Les Américains viennent pourtant de jouir de ce privilège. Le privilège de revoir Ali Farka Touré, le Grammy Awards 1995 avec l'album "Talking Timbuktu" sur scène. En effet, cela faisait plus de quatre ans que le bluesman a pris sa retraite internationale pour se consacrer entièrement à la terre. On se rappelle de son refus de participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques "Sydney 2000" (Australie). Et pourtant, les organisateurs ne lui proposaient pas moins d'une vingtaine de millions de F CFA, sans compter la prise en charge entière de son déplacement, pour quelques minutes de prestation. Mais, pour rien au monde, Ali ne va accepter de quitter le Mali à la veille d'un 22 septembre (la fête de l'indépendance du Mali). Et depuis, on avait revu l'enfant de Niafunké que lors de prestigieux galas de bienfaisance.
Pour Ali Farka Touré, sa participé au Folklife Festival était pour faire honneur à la patrie. "Pour ma patrie, je suis prêt à tout. Même pour mourir". Il ajoute, "j'ai mouillé le maillot pour mériter cet honneur. Et je pense que ceux qui ont eu le privilège d'assister au spectacle s'en souviendront longtemps. J'ai démontré aux Américains les racines de ce qu'ils appellent le blues". Les mélomanes avertis se sont déplacés de presque tous les États de l'Union pour assister aux shows des stars mondiales du Mali, particulièrement d'Ali Farka Touré. Parce que pour beaucoup, c'était un véritable privilège que d'assister à la prestation de celui dont la compagnie est recherché par les grands bluesmen du monde. C'est une prestation inédite à laquelle ils ont eu droit de la part du bluesman du désert.
Même s'il refuse de se produire en dehors du continent, Ali tient néanmoins à honorer certaines invitations. C'est le cas du Festival international de jazz de Nantes (France) qu'il doit parrainer en août prochain. Pour le monstre sacré du showbiz international, "c'est un grand honneur qu'un enfant de Niafunké, un paysan malien, soit invité à parrainer un événement aussi prestigieux. Et comme on dit chez nous, l'honneur ne se refuse pas". Il a accepté de se rendre à Nantes, mais à ses conditions. "Je n'amènerais pas une guitare à plus forte raison monter sur scène pour une quelconque prestation", explique l'artiste au légendaire franc-parler.
Sage philosophe, Ali a conscience qu'il faut savoir s'arrêter au moment opportun. Il est surtout conscient que "le miel n'est pas doux dans une seule bouche. Il faut céder la scène aux jeunes et leur donner l'opportunité de sortir de l'ombre". Il a montré la voie. Et la carrière internationale de son neveu et dauphin, Afel Bocoum, est actuellement très bien lancée. Le parrain a d'ailleurs tenu à ce que son héritier l'accompagne au Folklife afin de lui trouver des opportunités de promotion internationale.
Mais, Ali Farka Touré ne veut pas abandonner les jeunes à eux-mêmes. Il veut leur laisser ses "Mémoires", une référence pour la postérité. En effet, après Niafunké sorti le 20 juin 1999, Ali va prochainement produire son prochain album. "Le dernier". Il nous avait dit de même à la sortie de Niafunké qui n'est plus le testament musical du monstre sacré qui a définitivement enraciné le blues dans son cadre historique et culturel. Il l'a déraciné du Mississipi pour l'implanter sur les berges du limpide Djoliba. Il a mis tout son talent dans cet album de 14 titres dont la sortie est annoncée avant la fin de cette année. "Beaucoup disent que c'est un chef d'œuvre. En tout cas, j'ai mis tous les atouts de mon côté pour que ce soit un album exceptionnel qui puisse servir de référence aux nouvelles générations et enrichir leur expérience musicale", déclaré un Farka sûr de son coup.
A ces cadets, ils conseillent de faire des recherches parce que le Mali regorge d'immenses potentialités artistiques et culturelles qui peuvent leur valoir bien de succès un peu partout dans le monde. Parce que pour le bluesman paysan, "il faut chercher sans s'oublier". Il précise qu'il ne faut pas pousser la modernisation de la musique traditionnelle à la perte d'identité. Pour lui, le problème à ce niveau est le manque de musiciens qui maîtrisent comme il le faut les instruments modernes. "Nous sommes donc obligés de recourir aux occidentaux pour certains aspects de nos arrangements. Mais, cela ne signifie pas qu'il faut dénaturer ce que nous avons de si précieux".
Au "Grammy", On peut tout reprocher, sauf qu'il n'a pas montré la voie de la préservation de notre riche culture musicale aux jeunes.
En attendant, la sortie de ce jet, Aly se consacre à la terre qui n'est jamais ingrate. A bientôt Tonton Ali.

Quand Mbadenou sert de remède au Djoliba
Après avoir perdu la première place du championnat au profit de son grand rival le Stade malien, après l'humiliante défaite de son équipe face au centre Salif Kéita, les supporters du Djoliba n'ont trouvé autre remède que la chanson "Mbadenou" du grand chansonnier Idrissa Soumaoro.
A la veille du derby Djoliba Stade comptant pour les demi finales de la coupe du Mali, Ils ont repris en chœur "Aw ka jantoo du den kana jèsen…" (Faites en sorte que la famille ne s'éclate pas…) pour signifier aux joueurs que la défaite était interdite. Même si le grand chansonnier de la musique malienne n'a pas envoyé de l'euro pour rehausser le moral à Hèrèmakono, le message a été bien reçu.

Les sorties de la semaine
Cette semaine sera riche en couleurs et en vibrations. La première vibration nous vient du Burkina Faso, Passion absolue est le titre de cet premier opus de Loti – k. Cet album, un mélange de sonorités burkinabés et caraïbéennes et qui offre un swing irrésistible.
Après le pays des Hommes intègres nous ferons escale en Guinée Conakry pour souhaiter la bienvenue au Bembeya Jazz. "Bembeya" est le titre ce premier jet qui marque le retour du Mythique Bembeya de Camara Aboubacar Demba et de Sékou Bembeya. Ce splendide album fera certainement des heureux. Nous resterons en guinée pour aller cette fois ci dans le fouta pour découvrir le mannequin à la voix envoûtante: Johanna Barry, pour ce coup, elle a réussit un coup de génie. "Mon Destin" est le titre cet album mélodieux qui comporte huit titres de bonheur.
Comme nous vous l'annoncions dans le n° 22 du Mag, le King annonce les couleurs avec son tube Babayo, un extrait de son album "Niokala So" (cheval de bois, leurre). Leurre ou pas, Lassy King Massassy n'a pas encore dit le dernier mot.
Rendez-vous jeudi 14 Août aux lieux habituels.

Les meilleures ventes
A
Artiste Album
AA
 
Artiste
Album
AA
01
Kon Kan Ko Sata Moussouw
06
Tassouma Wôyô
Yapéké  
02
Idrissa Soumaoro
Koté
07
Salif Keïta
Moffou  
03
Yéli Fuzzo Je Rap donc je suis
08
Yoro Sidibé
Vol. 30  
04
Moulaye Diarra
Djiné
09
Madou Camara
& Mah Kouyaté  
05
Mamou Sidibé
Foulbé
10
Mory Kanté
Tamala