Ali
Farka Touré
au Folklife Festival "Pour l'honneur de la patrie"
L'une des grandes attractions de la participation malienne au Folklife
Festival (Washington USA) sans doute été les stars de
la musique. Pour ceux qui connaissent leur talent, leur réputation
et leur aura, ils savent également qu'il n'est facile de rassembler
Ali
Farka Touré,
Salif Kéita, Mariam Bagayogo,
Oumou Sangaré,
Néba Solo, le Kanaga
de Mopti, Mamou Thiero et les Tartit
sur la scène d'un même festival. Les Américains
viennent pourtant de jouir de ce privilège. Le privilège
de revoir Ali Farka Touré,
le Grammy Awards 1995 avec l'album "Talking Timbuktu" sur
scène. En effet, cela faisait plus de quatre ans que le bluesman
a pris sa retraite internationale pour se consacrer entièrement
à la terre. On se rappelle de son refus de participer à
la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques "Sydney
2000" (Australie). Et pourtant, les organisateurs ne lui proposaient
pas moins d'une vingtaine de millions de F CFA, sans compter la prise
en charge entière de son déplacement, pour quelques
minutes de prestation. Mais, pour rien au monde, Ali ne va accepter
de quitter le Mali à la veille d'un 22 septembre (la fête
de l'indépendance du Mali). Et depuis, on avait revu l'enfant
de Niafunké que lors de prestigieux galas de bienfaisance.
Pour Ali Farka Touré,
sa participé au Folklife Festival était pour faire honneur
à la patrie. "Pour ma patrie, je suis prêt à
tout. Même pour mourir". Il ajoute, "j'ai
mouillé le maillot pour mériter cet honneur. Et je pense
que ceux qui ont eu le privilège d'assister au spectacle s'en
souviendront longtemps. J'ai démontré aux Américains
les racines de ce qu'ils appellent le blues". Les mélomanes
avertis se sont déplacés de presque tous les États
de l'Union pour assister aux shows des stars mondiales du Mali, particulièrement
d'Ali Farka Touré.
Parce que pour beaucoup, c'était un véritable privilège
que d'assister à la prestation de celui dont la compagnie est
recherché par les grands bluesmen du monde. C'est une prestation
inédite à laquelle ils ont eu droit de la part du bluesman
du désert.
Même s'il refuse de se produire en dehors du continent, Ali
tient néanmoins à honorer certaines invitations. C'est
le cas du Festival international de jazz de Nantes (France) qu'il
doit parrainer en août prochain. Pour le monstre sacré
du showbiz international, "c'est un grand honneur qu'un enfant
de Niafunké, un paysan malien, soit invité à
parrainer un événement aussi prestigieux. Et comme on
dit chez nous, l'honneur ne se refuse pas". Il a accepté
de se rendre à Nantes, mais à ses conditions. "Je
n'amènerais pas une guitare à plus forte raison monter
sur scène pour une quelconque prestation", explique
l'artiste au légendaire franc-parler.
Sage philosophe, Ali a conscience qu'il faut savoir s'arrêter
au moment opportun. Il est surtout conscient que "le miel
n'est pas doux dans une seule bouche. Il faut céder la scène
aux jeunes et leur donner l'opportunité de sortir de l'ombre".
Il a montré la voie. Et la carrière internationale de
son neveu et dauphin, Afel
Bocoum, est actuellement très bien lancée. Le parrain
a d'ailleurs tenu à ce que son héritier l'accompagne
au Folklife afin de lui trouver des opportunités de promotion
internationale.
Mais, Ali
Farka Touré ne veut pas abandonner les jeunes à
eux-mêmes. Il veut leur laisser ses "Mémoires",
une référence pour la postérité. En effet,
après Niafunké sorti le 20 juin 1999, Ali va prochainement
produire son prochain album. "Le dernier". Il nous avait
dit de même à la sortie de Niafunké qui n'est
plus le testament musical du monstre sacré qui a définitivement
enraciné le blues dans son cadre historique et culturel. Il
l'a déraciné du Mississipi pour l'implanter sur les
berges du limpide Djoliba. Il a mis tout son talent dans cet album
de 14 titres dont la sortie est annoncée avant la fin de cette
année. "Beaucoup disent que c'est un chef d'œuvre.
En tout cas, j'ai mis tous les atouts de mon côté pour
que ce soit un album exceptionnel qui puisse servir de référence
aux nouvelles générations et enrichir leur expérience
musicale", déclaré un Farka sûr de son
coup.
A ces cadets, ils conseillent de faire des recherches parce que le
Mali regorge d'immenses potentialités artistiques et culturelles
qui peuvent leur valoir bien de succès un peu partout dans
le monde. Parce que pour le bluesman paysan, "il faut chercher
sans s'oublier". Il précise qu'il ne faut pas pousser
la modernisation de la musique traditionnelle à la perte d'identité.
Pour lui, le problème à ce niveau est le manque de musiciens
qui maîtrisent comme il le faut les instruments modernes. "Nous
sommes donc obligés de recourir aux occidentaux pour certains
aspects de nos arrangements. Mais, cela ne signifie pas qu'il faut
dénaturer ce que nous avons de si précieux".
Au "Grammy", On peut tout reprocher, sauf qu'il n'a pas
montré la voie de la préservation de notre riche culture
musicale aux jeunes.
En attendant, la sortie de ce jet, Aly se consacre à la terre
qui n'est jamais ingrate. A bientôt Tonton Ali.
Quand
Mbadenou sert de remède au Djoliba
Après avoir perdu la première place du championnat au
profit de son grand rival le Stade malien, après l'humiliante
défaite de son équipe face au centre Salif Kéita,
les supporters du Djoliba n'ont trouvé autre remède
que la chanson "Mbadenou" du grand chansonnier Idrissa
Soumaoro.
A la veille du derby Djoliba Stade comptant pour les demi finales
de la coupe du Mali, Ils ont repris en chœur "Aw ka
jantoo du den kana jèsen…" (Faites en sorte
que la famille ne s'éclate pas…) pour signifier aux joueurs
que la défaite était interdite. Même si le grand
chansonnier de la musique malienne n'a pas envoyé de l'euro
pour rehausser le moral à Hèrèmakono, le message
a été bien reçu.
Les
sorties de la semaine
Cette semaine sera riche en couleurs et en vibrations. La première
vibration nous vient du Burkina Faso, Passion absolue est le titre
de cet premier opus de Loti – k.
Cet album, un mélange de sonorités burkinabés
et caraïbéennes et qui offre un swing irrésistible.
Après le pays des Hommes intègres nous ferons escale
en Guinée Conakry pour souhaiter la bienvenue au Bembeya
Jazz. "Bembeya" est le titre ce premier jet qui marque
le retour du Mythique Bembeya de Camara Aboubacar Demba et de Sékou
Bembeya. Ce splendide album fera certainement des heureux. Nous resterons
en guinée pour aller cette fois ci dans le fouta pour découvrir
le mannequin à la voix envoûtante: Johanna
Barry, pour ce coup, elle a réussit un coup de génie.
"Mon Destin" est le titre cet album mélodieux qui
comporte huit titres de bonheur.
Comme nous vous l'annoncions dans le n° 22 du Mag, le King
annonce les couleurs avec son tube Babayo, un extrait de son album
"Niokala So" (cheval de bois, leurre). Leurre ou pas, Lassy
King Massassy n'a pas encore dit le dernier mot.
Rendez-vous jeudi 14 Août aux lieux habituels.