N° 27
1 septembre 2003

Procès contre la Piraterie
Une drôle de justice


Mali K7 et des artistes (Ali Farka Touré, Amy Koïta, Issa Bagayogo, Rokia Traoré, Habib Koïté, Mamou Sidibé...) viennent de perdre leur procès en appel contre Ousmane Daou dit Gourro, un importateur de cassettes. Le verdict a été mis en délibéré le lundi dernier après plusieurs renvois aux motifs plus ou moins convaincants. Les termes du jugement ne le sont pas davantage.

"La cour déclare l'action publique éteinte par la transaction douanière du chef de l'infraction d'importation sans déclaration. En conséquence infirme le jugement entrepris dans ses dispositions. Statuant à nouveau relax le prévenu des fins de la poursuite. Constate l'inexistante des poursuites pénales pour contrefaçons et piraterie. Renvoi les parties civiles à se mieux pourvoir de ce chef. Mets les dépens à la charge du Trésor", lit-on dans l’arrêt.

Et pourtant, la partie civile avait apporté des preuves irréfutables prouvant la culpabilité de l’importateur incriminé. La transaction douanière dont il est question suffit-elle à elle seule éteindre "l’infraction d’importation sans déclaration" ? Cette réparation est faite au profit du Trésor public et non des artistes qui sont les principales victimes de cette fraude consommée qui, apparemment, bénéficie de l’impunité. Malgré la dénégation de la cour, il y a bel et bien eu plainte contre la contrefaçon parce que l’intention de Mali K7 et des artistes plaignants étaient de lutter contre la piraterie et non l’importation frauduleuse dont le combat est déjà à l’apanage services et économiques et des forces de sécurités.

Le verdict de la cour est en tout surprenant sur cette affaire aux contours pourtant très clairs parce que les faits (contrefaçon et importation frauduleuse) ont été établis sans ambages. "Je crois rêver... Où est la justice dans tout cela ?", s’interroge M. Philippe Berthier, le Directeur Général de Mali K7 SA.

En tout cas, les plaignants sont loin d’avoir dit leur dernier mot. "Nous allons attaquer l’arrêt en cassation", ajoute M. Berthier. Il faut rappeler que dans ce procès en appel, la partie civile avait bénéficié du soutien du ministère de la Culture aujourd’hui engagé aux côtés des artistes pour combattre la piraterie et améliorer les conditions de vie de nos artistes. En dehors du préjudice direct causé aux artistes et aux structures légales de production et de distribution, les conséquences sociales de la piraterie affectent plus de gens qu’on ne peut l’imaginer. Actuellement, Mali K7, en proie à de sérieuses difficultés financières dues à la piraterie, a été contrainte de mettre une grande partie de son personnel au chômage technique. Et ceux qui sont victimes de cette mesure, difficile à prendre par la direction, sont tous des responsables de familles. Imaginer les conséquences sociales dramatiques du chômage d’un père de famille !

Ce verdict donne raison à Amkoullel (Issiaka Bâ), un jeune rappeur, qui pense que "pour combattre la piraterie, il faut la sensibilisation des populations dont l’attitude est très déterminant dans son succès. Si celles-ci comprennent le préjudice qu’elles font subir à leurs idoles en achetant des cassettes piratées, la piraterie cessera d’elle même faute de clientèle". En tout cas le verdict de la cour d’appel démontre que les artistes ne doivent plus beaucoup compter sur la justice pour obtenir la réparation des préjudices de la piraterie.

Moussa Bolly

Les meilleures ventes
  Artiste Album
AA
 
Artiste
Album
AA
01
Idrissa Soumaoro Koté
06
Salif Keïta
Moffou  
02
Kon Kan Ko Sata
Moussouw
07
Tassouma Wôyô
Yapéké  
03
Yéli Fuzzo Je Rap donc je suis
08
Rokia Traoré
Bowboï
04
Moulaye Diarra
Djiné
09
Madou Camara
& Mah Kouyaté  
05
Mamou Sidibé
Foulbé
10
Lassy King Massassy
Niokala So