N° 35
27 octobre 2003

Lassy King Massassy
L’avocat des causes justes

Lassy King Massassy plus connu sous le sobriquet King nous revient avec un nouvel album Niokala So. Niokala So est un album splendide qui marquera le retour du "King" du mouvement rappologique malien après la désertion de Daffé et de Diarrakè partis pour d'autres cieux.
Le King a fait ses premiers pas au début des années 90 en créant son groupe les Sofas avec Tidiane Diakité (paix à son âme). Ensemble ils produiront un album "Farafina farafin" qui leur permettra de faire une tournée de 24 concerts aux Etats-Unis. Un artiste bien armé parce que titulaire d'un CAP en dessin bâtiment ainsi que d’un certificat en anglais et d'enseignement de la langue nationale bamanan, King Massassy a plusieurs cordes à son arc. Il a déjà fait ses preuves dans l'enseignement en enseignant, pendant cinq ans, dans une école expérimentale de Kati. Une expérience qui a accru ses capacités d'analyse. On comprend alors toute cette pédagogie qui se dégage de ses compositions très engagées.

En 1996, en compagnie de Dafé et de Diarrakè, ils mettent sur pied un groupe de rap King Da Dia qui règnera sans partage sur le mouvement hip hop malien. Cette suprématie leur vaudra l'invitation de Salif Kéita à la Cité de la musique et à la Cigale à Paris.
En 1998, il embrasse une carrière solo et prend le sobriquet LKM (Lassy King Massassy). Rappeur, enseignant, LKM est également un talentueux comédien. Ceux qui ont vu "Sékou Fasa" et "Le retour de Bougouniery" le savent déjà.
Parallèlement à sa carrière Solo, il intègre une troupe théâtrale "l'atelier de Bamako", et suit une tournée de plus de cent représentations avec Georges Bigot, metteur en scène, ancien acteur d'Ariane Mnouchkine. "Niokala So" (le cheval de bois) ou (Le cheval de tige de mil). Dans la sagesse bambara, celui qui l'enfourche pour essayer de séduire les gens, perd son temps parce qu'il se moque de lui-même. Voilà une philosophie qui explique le choix du titre du premier album solo de Lassina Coulibaly dit Lassy King Massassy (LKM). "Ceux qui croient que les peuples africains sont dupes de leurs mensonges et de leurs discours démagogiques se trompent", explique la graine de roi (Massassy) pour justifier son choix. Un choix qui reflète assez l'engagement de ce jeune rappeur.
Niokala so, un album autoproduit à coup de millions, est beaucoup plus un pamphlet trempé au vitriol qu'une oeuvre musicale.
Parce que l'engagement dépasse la révolte rapologique. Corruption, démagogie, mégalomanie, misère, disette, privatisation, religion, délinquance... sont naturellement aux menus des titres comme "Jamana Jô, Duwawu ! Religion, Fabara, Yèlèma, Babayo, Ananà min...". Personne n'est épargnée. Aux jeunes, LKM rappelle qu'on ne peut pas bâtir une nation en ayant comme devise, "paresse et faiblesse".
Il n'est pas non plus tendre avec "ces guides religieux qui prêchent dans l'arène politique".

C'est surtout les politiciens que le descendant de Biton Coulibaly ne peut pas du tout sentir. Plus qu'une révolte, "Fabara" sonne la charge contre une classe qui a fait de l'Afrique "le cancer de la terre". Les jeunes se délectent de ce discours engagé qui dénonce le "facho, macho, mégalo... source de fiasco. Tu ne donnes pas chère de notre peau. Ce n'est pas parce que le Congo Kinshasa a changé d'appellation qu'il sera une nation libérée favorisant la liberté d'expression et de circulation".
Une offensive justifiée parce que, "dans toute l'Afrique, c'est le gouvernement qui se régale. État de lois infernales et anormales avec des mandats illimités militant pour l'Ivoirité afin d'éliminer les opposants". Peut-on s'attendre à autre chose avec des "dirigeants sortis des sentiers battus du néo-colonialisme et de l'impérialisme. Des accablés d'insuffisance mentale qui pensent que tout ce qui est gouvernemental est désormais leur héritage et sèment la graine de la haine tribale et raciale".

Niokal So est un opus sur lequel le messager a invité son épouse, Aminata Doumbia (une choriste de Salif Kéita), Tata Pound et Fatoumata Diawara connue sur l'écran pour être l'actrice principale de "Sya". Mais la grande surprise que King réserve aux mélomanes, c'est l'irrésistible featuring avec Salif Kéita dans "Anana min", une reprise d'un hymne romantique du rossignol. C'est dire que LKM à ratisser large pour se donner tous les atouts lui permettant de réussir le parfait coup... d'artiste ! Le résultat est merveilleux, délicieux. Il ne pouvait pas mieux trouver pour marquer son grand retour sur la scène musicale après une éclipse de presque trois ans.
Parce que Lassy n'est pas un inconnu dans l'arène. Il figure parmi les précurseurs du rap au Mali avec le groupe King Da Dia… Un groupe dont le premier album a été produit par Salif Kéita. Le rossignol s'était également chargé de leur promotion en Europe. Et c'est en France que le chemin de King s'est séparé de celui de ses camarades. "A la fin de notre tournée, ils ont fait le choix de rester. Mais, j'ai toujours pensé que mon destin est dans mon pays où je tire mon inspiration. Je veux être une référence pour la jeunesse malienne. Et ce n'est pas en Europe que je vais mieux appréhender leurs préoccupations et leurs attentes. Je suis donc revenu au bercail pour me mettre au service du peuple, de la jeunesse", explique le patriote. Il a donc opté pour la difficulté parce que la France lui offrait plus d'opportunités de succès que le Mali. Mais, qu'à cela ne tienne. Le Tonjon aime sa patrie. "Je suis fier d'être malien, d'être africain. Je suis un partisan de l'intégration et de l'Union africaine. C'est pourquoi je suis fier d'apprendre que mon pays est prêt à abandonner tout ou une partie de sa souveraineté pour la réalisation de l'Union Africaine. C'est l'un des rares acte positif des politiques", explique-t-il.
Malgré ce farouche engagement pour les causes justes, Lassy ne se veut pas un écorché vif. "L'énergie de l'engagement m'a été donnée depuis mon enfance. Il sera difficile pour celui dont les parents jettent de l'argent par la fenêtre de se tenir au micro. Ce qui n'est pas le cas de celui qui a presque connu toutes les misères du monde et qui était quotidiennement confronté à des situations révoltantes. Il sait ce que le peuple endure et est conscient de ses attentes. Il est donc bien placé pour défendre leur cause, être leur porte parole pour dénoncer, interpeller et revendiquer", déclare-t-il. Sa crainte aujourd'hui est de prêcher dans le désert. "Un jour j'écoutais mes chansons avec ma grand-mère. Elle m'a dit : "Lassy, tes prises de positions sont pertinentes. Mais, je crains qu'elles servent à changer la situation parce que les gens vont t'admirer, mais personne ne va agir". Une analyse pertinente de la part d'une vieille dame qui n'est pourtant pas une intellectuelle... Je crains qu'elle ait raison", s'inquiète t il.

C ette première expérience a donné des idées à Lassy qui prépare actuellement un "One man show" (soliloque). Tout comme il est prêt à réaliser "une comédie musicale" si l'occasion se présente. Lassy nourrit des projets à la mesure de son ambition d'être un artiste accompli au service du peuple, des désoeuvrés, des opprimés, des chômeurs... des laissés pour compte du système. Mais, à la condition que les pirates lui laissent la latitude de vivre du fruit de son labeur. "si les mélomanes veulent réellement me soutenir dans mon engagement, ils doivent refuser de payer des cassettes pirates. Aujourd'hui, il est facile d'identifier les cassettes légales qui portent des stickers brillants". On n'aide pas un paysan en encourageant les voleurs à le dépouiller de sa récolte.
Bien qu'exerçant une monarchie absolue, King se préoccupe beaucoup des jeunes qui sont désœuvrés et menacés par des fléaux comme les MST/Sida. "…La sensibilisation contre une menace comme le sida ne doit pas être temporelle, elle doit être régulière, constante et sans relâche jusqu'à ce que les gens disent: on en a assez", conseille King.

Oumou Sangaré Ambassadrice de la FAO
Une consécration de plus pour la diva de la chanson du Wassoulou. En effet, Oumou Sangaré vient d’être nommée ambassadrice itinérante du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation (FAO). Elle a reçu sa couronne le 16 octobre dernier, à Rome (Italie) à l’occasion de la journée mondiale de l'alimentation. En marge de cette remise, Oumou a participé à l’animation de "Téléfood", une manifestation diffusée en direct par plusieurs chaînes de télévision dans le monde et qui permet au Fonds des Nations Unies pour l'alimentation de récolter des fonds pour financer sa campagne de lutte contre la faim dont sont victimes des centaines de millions de personnes dans le monde. Cette année, la nouvelle ambassadrice a partagé la scène avec d’autres méga stars comme Césaria Evora, Youssou NDour, Mory Kanté… Elle ajoutera désormais sa voix, son talent et surtout son savoir faire à
celles-ci afin d’efficacement épaulé la FAO dans le combat contre ce fléau humiliant et inhumain qu’est la famine.
Le Jeune Gawlo en Studio
Après son tube à succès, "Mali 2002", Alou Sam s’apprête à faire son retour dans les bacs. En effet, depuis quelques jours, le jeune gawlo de la musique malienne est au studio Bogolan pour concocter le menu de sa 4è galette qui promet plus succulente que les trois premières. En tous, c’est un Alou Sam très déterminé et surtout bien inspiré que nous voyons tous les jours au studio Bogolan de Mali K7, la preuve de sa grande fidélité à une maison qui a servi de tremplin à son épanouissement artistique.

Les meilleures ventes de l'année 2003 au Mali
A
Artiste Album
AA
 
Artiste
Album
AA
01
Seydou Camara Mali Den
06
Madou Camara & Mah Kouyaté  
02
Mamou Sidibé
Foulbé
07
Salif Keïta
Moffou  
03
Tata Diakité Hommage (Best Of)
08
Rokia Traoré
Bowboï
04
Kon Kan Ko Sata
Moussouw
09
Djos Samaké
Filaw
05
Idrissa Soumaoro
Koté
10
Amy Koïta
Africawe