Lassy
King Massassy
L’avocat des causes justes
Lassy
King Massassy plus connu sous le sobriquet King
nous revient avec un nouvel album Niokala So. Niokala So est un album
splendide qui marquera le retour du "King"
du mouvement rappologique malien après la désertion
de Daffé et de Diarrakè
partis pour d'autres cieux.
Le King a fait ses premiers
pas au début des années 90 en créant son groupe
les Sofas avec Tidiane
Diakité (paix à son âme). Ensemble ils
produiront un album "Farafina farafin" qui leur permettra
de faire une tournée de 24 concerts aux Etats-Unis. Un artiste
bien armé parce que titulaire d'un CAP en dessin bâtiment
ainsi que d’un certificat en anglais et d'enseignement de la
langue nationale bamanan, King Massassy
a plusieurs cordes à son arc. Il a déjà fait
ses preuves dans l'enseignement en enseignant, pendant cinq ans, dans
une école expérimentale de Kati. Une expérience
qui a accru ses capacités d'analyse. On comprend alors toute
cette pédagogie qui se dégage de ses compositions très
engagées.
En 1996, en compagnie de Dafé
et de Diarrakè, ils mettent sur
pied un groupe de rap King Da Dia qui
règnera sans partage sur le mouvement hip hop malien. Cette
suprématie leur vaudra l'invitation de Salif
Kéita à la Cité de la musique et à
la Cigale à Paris.
En 1998, il embrasse une carrière solo et prend le sobriquet
LKM (Lassy
King Massassy). Rappeur, enseignant, LKM
est également un talentueux comédien. Ceux qui ont vu
"Sékou Fasa" et "Le retour de Bougouniery"
le savent déjà.
Parallèlement à sa carrière Solo, il intègre
une troupe théâtrale "l'atelier de Bamako",
et suit une tournée de plus de cent représentations
avec Georges Bigot, metteur en scène, ancien acteur d'Ariane
Mnouchkine. "Niokala So" (le cheval de bois) ou (Le cheval
de tige de mil). Dans la sagesse bambara, celui qui l'enfourche pour
essayer de séduire les gens, perd son temps parce qu'il se
moque de lui-même. Voilà une philosophie qui explique
le choix du titre du premier album solo de Lassina
Coulibaly dit Lassy King
Massassy (LKM). "Ceux qui
croient que les peuples africains sont dupes de leurs mensonges et
de leurs discours démagogiques se trompent", explique
la graine de roi (Massassy) pour justifier
son choix. Un choix qui reflète assez l'engagement de ce jeune
rappeur.
Niokala so, un album autoproduit à coup de millions, est beaucoup
plus un pamphlet trempé au vitriol qu'une oeuvre musicale.
Parce que l'engagement dépasse la révolte rapologique.
Corruption, démagogie, mégalomanie, misère, disette,
privatisation, religion, délinquance... sont naturellement
aux menus des titres comme "Jamana Jô, Duwawu ! Religion,
Fabara, Yèlèma, Babayo, Ananà min...". Personne
n'est épargnée. Aux jeunes, LKM
rappelle qu'on ne peut pas bâtir une nation en ayant comme devise,
"paresse et faiblesse".
Il n'est pas non plus tendre avec "ces guides religieux qui
prêchent dans l'arène politique".
C'est surtout les politiciens que le descendant de Biton Coulibaly
ne peut pas du tout sentir. Plus qu'une révolte, "Fabara"
sonne la charge contre une classe qui a fait de l'Afrique "le
cancer de la terre". Les jeunes se délectent de ce
discours engagé qui dénonce le "facho, macho,
mégalo... source de fiasco. Tu ne donnes pas chère de
notre peau. Ce n'est pas parce que le Congo Kinshasa a changé
d'appellation qu'il sera une nation libérée favorisant
la liberté d'expression et de circulation".
Une offensive justifiée parce que, "dans toute l'Afrique,
c'est le gouvernement qui se régale. État de lois infernales
et anormales avec des mandats illimités militant pour l'Ivoirité
afin d'éliminer les opposants". Peut-on s'attendre
à autre chose avec des "dirigeants sortis des sentiers
battus du néo-colonialisme et de l'impérialisme. Des
accablés d'insuffisance mentale qui pensent que tout ce qui
est gouvernemental est désormais leur héritage et sèment
la graine de la haine tribale et raciale".
Niokal So est un opus sur lequel le messager a invité son épouse,
Aminata Doumbia (une choriste de Salif
Kéita), Tata Pound
et Fatoumata Diawara connue sur l'écran
pour être l'actrice principale de "Sya". Mais la grande
surprise que King réserve
aux mélomanes, c'est l'irrésistible featuring avec Salif
Kéita dans "Anana min", une reprise d'un hymne
romantique du rossignol. C'est dire que LKM
à ratisser large pour se donner tous les atouts lui permettant
de réussir le parfait coup... d'artiste ! Le résultat
est merveilleux, délicieux. Il ne pouvait pas mieux trouver
pour marquer son grand retour sur la scène musicale après
une éclipse de presque trois ans.
Parce que Lassy n'est pas un
inconnu dans l'arène. Il figure parmi les précurseurs
du rap au Mali avec le groupe King Da Dia…
Un groupe dont le premier album a été produit par Salif
Kéita. Le rossignol s'était également chargé
de leur promotion en Europe. Et c'est en France que le chemin de King
s'est séparé de celui de ses camarades. "A
la fin de notre tournée, ils ont fait le choix de rester. Mais,
j'ai toujours pensé que mon destin est dans mon pays où
je tire mon inspiration. Je veux être une référence
pour la jeunesse malienne. Et ce n'est pas en Europe que je vais mieux
appréhender leurs préoccupations et leurs attentes.
Je suis donc revenu au bercail pour me mettre au service du peuple,
de la jeunesse", explique le patriote. Il a donc opté
pour la difficulté parce que la France lui offrait plus d'opportunités
de succès que le Mali. Mais, qu'à cela ne tienne. Le
Tonjon aime sa patrie. "Je suis fier d'être malien,
d'être africain. Je suis un partisan de l'intégration
et de l'Union africaine. C'est pourquoi je suis fier d'apprendre que
mon pays est prêt à abandonner tout ou une partie de
sa souveraineté pour la réalisation de l'Union Africaine.
C'est l'un des rares acte positif des politiques", explique-t-il.
Malgré ce farouche engagement pour les causes justes, Lassy
ne se veut pas un écorché vif. "L'énergie
de l'engagement m'a été donnée depuis mon enfance.
Il sera difficile pour celui dont les parents jettent de l'argent
par la fenêtre de se tenir au micro. Ce qui n'est pas le cas
de celui qui a presque connu toutes les misères du monde et
qui était quotidiennement confronté à des situations
révoltantes. Il sait ce que le peuple endure et est conscient
de ses attentes. Il est donc bien placé pour défendre
leur cause, être leur porte parole pour dénoncer, interpeller
et revendiquer", déclare-t-il. Sa crainte aujourd'hui
est de prêcher dans le désert. "Un jour j'écoutais
mes chansons avec ma grand-mère. Elle m'a dit : "Lassy,
tes prises de positions sont pertinentes. Mais, je crains qu'elles
servent à changer la situation parce que les gens vont t'admirer,
mais personne ne va agir". Une analyse pertinente de la part
d'une vieille dame qui n'est pourtant pas une intellectuelle... Je
crains qu'elle ait raison", s'inquiète t il.
C ette première expérience a donné des idées
à Lassy qui prépare
actuellement un "One man show" (soliloque). Tout comme il
est prêt à réaliser "une comédie musicale"
si l'occasion se présente. Lassy
nourrit des projets à la mesure de son ambition d'être
un artiste accompli au service du peuple, des désoeuvrés,
des opprimés, des chômeurs... des laissés pour
compte du système. Mais, à la condition que les pirates
lui laissent la latitude de vivre du fruit de son labeur. "si
les mélomanes veulent réellement me soutenir dans mon
engagement, ils doivent refuser de payer des cassettes pirates. Aujourd'hui,
il est facile d'identifier les cassettes légales qui portent
des stickers brillants". On n'aide pas un paysan en encourageant
les voleurs à le dépouiller de sa récolte.
Bien qu'exerçant une monarchie absolue, King
se préoccupe beaucoup des jeunes qui sont désœuvrés
et menacés par des fléaux comme les MST/Sida. "…La
sensibilisation contre une menace comme le sida ne doit pas être
temporelle, elle doit être régulière, constante
et sans relâche jusqu'à ce que les gens disent: on en
a assez", conseille King.
Oumou Sangaré Ambassadrice de
la FAO
Une consécration de plus pour la diva de la chanson du Wassoulou.
En effet, Oumou Sangaré
vient d’être nommée ambassadrice itinérante
du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation (FAO). Elle a
reçu sa couronne le 16 octobre dernier, à Rome (Italie)
à l’occasion de la journée mondiale de l'alimentation.
En marge de cette remise, Oumou
a participé à l’animation de "Téléfood",
une manifestation diffusée en direct par plusieurs chaînes
de télévision dans le monde et qui permet au Fonds des
Nations Unies pour l'alimentation de récolter des fonds pour
financer sa campagne de lutte contre la faim dont sont victimes des
centaines de millions de personnes dans le monde. Cette année,
la nouvelle ambassadrice a partagé la scène avec d’autres
méga stars comme Césaria Evora,
Youssou NDour, Mory
Kanté… Elle ajoutera désormais sa voix, son
talent et surtout son savoir faire à
celles-ci
afin d’efficacement épaulé la FAO dans le combat
contre ce fléau humiliant et inhumain qu’est la famine.
Le
Jeune Gawlo en Studio
Après son tube à succès, "Mali 2002",
Alou Sam s’apprête à
faire son retour dans les bacs. En effet, depuis quelques jours, le
jeune gawlo de la musique malienne est au studio Bogolan
pour concocter le menu de sa 4è galette qui promet plus succulente
que les trois premières. En tous, c’est un Alou
Sam très déterminé et surtout bien inspiré
que nous voyons tous les jours au studio Bogolan
de Mali K7, la preuve de sa
grande fidélité à une maison qui a servi de tremplin
à son épanouissement artistique.