05
Juillet 2004
SANATA
DOUMBIA, TALENT EN HERBE
Une
héritière en ascension
Elle s'apprête
à exploser sur la scène musicale avec un essai qui ne
manquera pas de séduire les mélomanes. Elle, c'est Sanata
Doumbia. Elle est bien la fille de sa mère : la grande Sali
Sidibé du Wassoulou. Et elle tient à le prouver avec
"Mankoutou".
"Mankoutou" ! Si vous voulez, traduisez l'expression par "réputation
ou renommée". Toujours est-il que c'est le titre générique
de l'essai d'une très jeune révélation de la musique
malienne. Elle a fière allure et elle n'est pas forcement une
inconnue sur la scène musicale malienne. Parce qu'elle s'est
déjà mise en évidence, chœur et chorégraphie,
aux côtés de sa cantatrice de mère. Il s'agit évidemment
de la diva Salimata dite Sali Sidibé. Elle a hérité
du talent. Et Sanata le prouve avec éloquence et maestria sur
"Mankoutou", un album de huit titres produit par Mali
K7 SA qui se chargera aussi de sa distribution.
La jeune Sanata n'aime pas être identifiée à sa
mère. "Je suis Sanata, je préfère que
les mélomanes retiennent cela, j'ai certes bénéficié
des expériences de ma mère mais j'entends tracer ma voie
à moi" explique t-elle sans complexe.
"Elle ne voulait rien faire dans la précipitation. Elle
a composé et recomposé ses chansons soumises à
la critique de sa mère et de plusieurs ténors de la musique
malienne", explique M. Modibo Diabaté, son mentor et
beau-père qui a pris une part active dans la conception de l'œuvre.
Préparé sous la houlette du grand joueur de donso n'goni,
Harouna Samaké, l'opus porte le doigté de Baïny
Koïta à l'arrangement. Ce qui est un atout de plus.
Mankoutou, Denko, Kèrèfè kuma, Ikatel, Muso kantigui…
sont autant de galettes à savourer sur cet album. Le dernier
morceau nommé est un hommage à sa mère, à
Oumou Sangaré et à tous les artistes du Wassoulou. "Bien
que je sois l'auteur compositeur de l'album, ma mère m'a apporté
un apport inestimable dans ce travail. Tout comme Oumou
Sangaré qui n'a cessé de m'encourager à
travailler pour concrétiser mon talent", explique Sanata
dite Santal. Il faut souligner qu'elle interprète "Kodumanba",
l'une des plus belles compositions de l'album, en duo avec Sali Sidibé.
Mankoutou, est un album plein de sagesse. Il traduit l'engagement social
de la jeune artiste. Le titre de l'opus, Mankoutou, en dit long sur
cet engagement. En effet, dans cette chanson, elle s'insurge contre
les ragots, l'égoïsme et l'hypocrisie dont se servent certains
pour dénigrer et ternir l'image de ceux qu'ils considèrent
comme leurs rivaux. Dans Denko, elle milite pour la promotion et la
protection des droits de l'Enfant. "L'enfant appartient à
tout le monde. Dans ce titre, je rends hommage à SOS Sanankoroba
et à la Fondation pour l'Enfance. Ce n'est pas une publicité
complaisante pour Mme Touré Lobbo Traoré,
l'épouse du Chef d'Etat. Ce n'est qu'une juste reconnaissance
des immenses efforts consentis par sa Fondation en faveur du plein épanouissement
de la mère et de l'enfant ainsi que pour soulager les plus démunis
du pays", explique le talent en herbe. Elle tient également
à lever toute équivoque par rapport au morceau dédié
à Ikatel. "Je n'ai rien négocié avec Ikatel
même si je ne cracherais pas sur son soutien. Je lui ai dédié
cette chanson parce que cette société à vulgariser
le téléphone qui est presque à la portée
d'une grande partie des Maliens. Avoir un téléphone portable
n'est plus un luxe au Mali grâce à cet opérateur
de téléphonie mobile. Ce qui est de nature à rapprocher
les gens, à consolider les relations familiales, professionnelles…",
tient-elle à préciser. Sans compter qu'un hommage appuyé
est rendu aux médias à travers les radios de proximité.
Même si elle nourrit aujourd'hui une grande ambition et passion
dévorante pour la musique, Sanata n'était pas "chaude"
pour une carrière artistique. Ce sont des études, malheureusement
arrêtées en 8è année fondamentale, qui l'intéressaient.
Mais, en quête d'héritière pour reprendre son flambeau,
Sali fut intraitable. Fille unique, Santal n'avait plus le choix. Son
apprentissage commence avec des cours de chorégraphie sous la
houlette d'Amadou Traoré "Ades". Histoire de
lui permettre de surmonter sa timidité et son complexe.
C'est ainsi qu'on la découvre aux côtés de sa maman
dans son légendaire clip "Nakanyagami". Petit à
petit, Sanata a fait son petit bonhomme de chemin sous la houlette de
Modibo Diabaté, Harouna Samaké et sous le
regard approbateur de sa diva de mère. Elle accompagne celle-ci
dans ces tournées en Afrique de l'Ouest et du Centre. Ce qui
lui permet de se perfectionner et à commencer à composer
les titres de son coup d'essai.
A 25 ans, la native de Bougouni attend beaucoup de la première
œuvre d'une carrière qui s'annonce assez prometteuse. "En
digne héritière des artistes talentueuses comme Oumou
Sangaré, Sali Sidibé…, j'aspire à leur notoriété.
Et cet album est une étape décisive dans ma quête
de succès et de notoriété. C'est pourquoi je n'ai
rien ménagé pour que cela puisse satisfaire les mélomanes",
espère Sanata. La qualité du produit est indéniable.
Et tout le monde peut y trouver son goût. Des fanatiques de la
musique du Wassoulou aux rastas en passant par les mordus du zouk manding.
De quoi lui apporter "le succès phénoménal"
dont elle rêve tant.
Cette héritière des divas souhaite surtout profiter des
fruits de ce probable succès. Une aspiration menacée par
la piraterie. "Je crains la piraterie. Je pense que les autorités
n'ont pas encore trouvé la bonne méthode pour combattre
ce crime organisé. A mon avis, il ne sert à rien de saisir
les cassettes et de les brûler alors que les pirates sont laissés
en liberté pour continuer leur basse œuvre. Si l'on prend
quelqu'un avec de la drogue, est-ce qu'on se contente de confisquer
la saisie et de laisser le dealer en liberté ? Et pourtant le
pirate est un criminel comme le dealer".
Si Sanata compte naturellement sur la bénédiction de ses
parrains et marraines ainsi que sur le soutien de la presse pour l'aider
à réaliser ses ambitions, elle ne mise pas moins sur la
clairvoyance des mélomanes pour l'aider à vivre de son
talent en achetant ses cassettes légales. Une noble requête
!
King Moseto
Yalomba
au Womex
Décidément, Adama
Yalomba a le vent en poupe. Quelques jours seulement après
la sortie de son album, l'enfant de Ké-Macina a été
sélectionné pour l'édition 2004 du "Womex
music expo". Un événement planétaire considéré
comme le salon des musiques du monde et qui se tiendra à Essen
en (Allemagne) du 26 au 31 octobre 2004. Yalomba figure parmi les 36
lauréats retenus sur environ 500 candidats. Il faut souligner
que le Womex est un événement majeur servant de tremplin
à la promotion des artistes en Europe et dans le monde. En effet,
il reçoit 2 000 professionnels de la world music. Et plus de
80 pays prennent part au salon. Comme les autres années, Mali
K7 sera présente sur le stand du C.F.C.
Lobi
séduit Créteil
Lobi Traoré
était à Créteil le 23 juin. Un concert inoubliable
dans une banlieue tout conquise par le talent du bluesman bambara. La
première partie de ce spectacle a été assurée
par Amkoullel et Abba, deux jeunes rappeurs de la capitale. Ce
concert triomphal sera suivi, en septembre et octobre, d'une tournée
européenne. C'est dire que, grâce à Mali K7, la
carrière internationale de Lobi Traoré est à nouveau
relancée.
L'original
trio
Le Mali était à l'honneur lors de la célébration
de la fête de la musique à Paris. En effet, le 21 juin
dans le 20è arrondissement, Amkoullel
a rappé avec Cheick
Tidiane Seck et Keziah Jones. Un trio magique et
original qui a tenu en haleine le public massivement sorti pour célébrer
la fête de la musique dans les rues parisiennes. Il faut aussi
rappeler que Toumani Sangaré et Phil.B étaient de la fête.
Le beau gosse du rap malien, Amkoullel, très attendu à
Bamako pour son concert au Luna Parc, sera également en concert
le 16 octobre 2004 à Toulouse où il va partager la scène
avec Zebda. Un spectacle à ne pas rater si vous êtes
du côté de Toulouse le 16 octobre prochain.