19 Juillet 2004

ALI FARKA TOURE, MAIRE DE NIAFUNKE
De la scène à l'arène politique

Il est célèbre, talentueux et très engagé. Il vient d'être élu maire de Niafunké, une ville du septentrion malien. Ali Farka Touré, vient de franchir un autre pas décisif dans son engagement en faveur du développement socio-économique de sa ville. Pour se faire, le bluesman à la notoriété internationale n'a pas hésité à franchir le grand pas qui sépare souvent la scène artistique des coulisses politiques.

La musique conduit à tout ! On est tenté de penser ainsi si l'on se réfère à l'expérience d'Ali Farka Touré. Entre la scène musicale et l'arène politique, il y a un grand pas que le bluesman du désert n'a pas hésité à franchir. Il vient en effet d'être élu maire de Niafunké (région de Tombouctou), sa ville d'adoption. Pour les élections communales du 30 mai dernier, l’Union pour la République et la Démocratie (URD, fondée en 2003 par une aile dissidente de l'Adema qui a dirigé le Mali de 1992 à 2002) avait misé sur la popularité du détenteur du Grammy Awards 1995 pour le placer à la tête de sa liste dans cette localité. Une stratégie payante puisque la liste des dissidents de l'Adema a raflé la mise à Niafunké. Elle s'en est sortie avec une écrasante majorité (9 sur 16 conseillers).
Un succès qui était prévisible parce qu'Ali dément l'adage qui veut que nul ne soit roi chez lui. Sa popularité n'est pas seulement due au succès de sa carrière internationale, mais aussi au fait que le grand bluesman a beaucoup investi dans cette localité. Il y a aménagé des dizaines d'hectares pour la riziculture, le maraîchage et l'élevage. Un investissement qui a tiré beaucoup de jeunes de l'oisiveté et contribué au développement socio-économique d'une localité éprouvée par la sécheresse et longtemps abandonnée à ce triste sort. Et depuis sa retraite officielle de la scène musicale internationale, en 1999, Ali Farka quitte rarement Niafunké.
Mais, grâce aux investissements et au plaidoyer d'Ali, Niafunké est en train de franchir un pas décisif vers l'autosuffisance alimentaire et l'épanouissement socio-économique de ses populations. On comprend alors que le choix de l'URD était loin d'être fortuit parce que, avec le bluesman paysan comme tête de liste, sa victoire était inévitable à Niafunké. Gageons que d'autres artistes engagés vont suivre l'exemple d'Ali Farka Touré au cours des prochaines années afin que le pays sorte de la monotonie politique et puisse connaître une gestion efficace de ses richesses.

Issa Bagayogo
Issa Bagayogo est revenu de la Malaisie où il a été pour un festival. Si l'on en croit les échos, l’artiste n'est resté sur scène qu'une vingtaine de minutes car la foule des fans a prit d'assaut la scène. Issa et son groupe ont été obligés d'arrêter. Le prochain album de notre Gaillard de Korin est attendu pour septembre 2004, il ne fait l'ombre d'aucun doute qu’Issa sera à nouveau sur les scènes asiatiques pour la promotion de ce jet.

Les Escrocs
Les Escrocs sont arrivés de leur tournée européenne. Dans nos prochaines livraisons, nous vous ferons parvenir les échos de cette tournée des rois du Mandingo Rap.

Le festival du désert, les candidatures affluent
Depuis sa création, le Festival du Désert connaît un succès fou à travers le monde. Malgré les quelques petits problèmes d’organisation, la Direction du Festival est submergé par les demandes d'inscription pour l'édition 2005. Comme quoi, la musique est un produit qui vend bien l'image du Mali.

Mali Fransi, le nouvel opus d’AMKOULLEL
Mali Fransi est le titre de l’album de l'enfant peulh. Une mixtape composée, arrangée, enregistrée et mixée par TIGRE & DRAGON pour ZEMTSOV connexion et John Brutal en 2004, masterisée par Mathieu Rouxel. La mixtape est différente d'une compilation dans le sens où les titres ne viennent pas d'albums de différents artistes. Ces titres sont en général des remix des titres connus ou inconnus. Produit par le DJ, la mixtape est le laboratoire de la musique Hip hop, elle permet de découvrir de jeunes talents et de tester de nouvelles sonorités.
Celle de Amkoullel réunit plusieurs nationalités parmi lesquelles maliens, français, martiniquais, guyanais, ivoirien, espagnol, camerounais…

Producteurs en colère !
Les Producteurs de phonogrammes ont élevé le ton d'un demi ton au cours de leur assemblée générale du 13 juillet 2004 au siège de l'association sise Quinzambougou. A la suite des artistes, les Producteurs des œuvres musicales ont dressé un bilan sombre à mi parcours de l'exercice."La piraterie des œuvres musicales représente plus de 99% au Mali, tout le monde en parle mais personne n'agit. Nous avons trop attendu, maintenant nous allons créer une brigade de lutte contre la piraterie et nous agirons dans la légalité." Ces propos sont du Président de l'Association des Producteurs de Phonogrammes du Mali. "Dès qu'on parle du Dabanani, on fait comme si le Dabanani est en territoire étranger. Nous allons prouver le contraire à ceux qui prônent ce dialogue. Le bureau Malien de Droit d'Auteur nous dit qu'il ne dispose pas de moyen mais nous allons leur prouver aussi que c'est plutôt une question de volonté." poursuit Monsieur Yattassaye. Une brigade mobile occupera le terrain le temps qu'il faut pour donner la réplique aux pirates. Telle est l'ambition de l'association des Producteurs de Phonogrammes du Mali. En tout cas une brigade légère constituée de trois personnes et qui ont pour mission de réussir là où le Bureau Malien de Droit d'Auteur a échoué. Un pari difficile à tenir mais à cœur vaillant rien d'impossible, surtout que les Producteurs veulent lever toute équivoque sur leur adhésion quelconque à la contre façon. Attendons pour voir!