02 Août 2004

Mariam Sidibé, Enseignante artiste
Le succès après une vie de souffrance

Elle s'est d'abord illustrée comme étant une éducatrice ayant une grande affection pour les enfants. Mais son inspiration est aussi un cri de cœur contre des fléaux sociaux et un hymne pour l'amour, la paix et l'intégration socio-économique de la femme. Elle s’appelle Mariam Sidibé. Une artiste qui a connu l'un des plus grands succès de 2002 avec son premier album, "Mousso fassa". Enfin, le bonheur sourit à cette brave fille qui a mené une vraie vie de souffrance sans jamais envier personne.
Profil de la pédagogue de la scène malienne.

Mousso fassa, un album de huit titres, un essai brillant transformé en succès grâce au chaleureux accueil que lui a réservé les mélomanes, surtout les femmes. Ce qui n'est guère surprenant car, en plus du vibrant hommage rendu aux femmes, Mariam célèbre la tolérance, l'amour, le mariage… et encourage la scolarisation des filles. Des thèmes toujours d'actualités et qui ne laissent personne indifférente avec une suave interprétation et un excellent arrangement. Véritable coqueluche nationale, Mariam Sidibé a participé à plusieurs manifestations féminines sur la sensibilisation contre l’exclusion, le sida, l’excision, la lutte contre la pauvreté, l’émancipation de la femme et l’éducation de la fille.
"Mousso fassa", n'est pas seulement la concrétisation de la passion et du talent de Mariam Sidibé. C'est aussi une victoire sur les difficultés qui ont jalonné sa vie et qui l'ont souvent contrainte à prendre des chemins à l'opposé de ses ambitions. On comprend alors son explosion tardive sur la scène musicale. "J'ai commencé à chanter à l'age de cinq ans. Mon grand frère, Bréhima Sidibé, était joueur de kamelen n‘goni. J'essayais d'interpréter des chansons connues du folklore. C'est ainsi que je suis rapidement devenue une petite vedette à l'insu de mes parents. A l'époque, nous habitions à Boulkassoumbougou.", se rappelle l'étoile montante. Elle ajoute,"Lorsque mon père a appris ma passion pour la musique, il m'a rappelé à l'ordre car son souhait était de me voir aller à l'école et devenir un cadre de ce pays. Il ambitionnais que je fasse des études sérieuses".
Bien éduquée et très intelligente, la petite Mariam suit les conseils de son père, même si elle chantait pour ses camarades dans la cour de la récréation et au clair de lune. Mariam perdu malheureusement son père alors qu'elle était en 3è année fondamentale. "Ce fut le début de la galère parce qu'il laissait sur les bras de ma mère plusieurs enfants qui ne pouvaient presque rien faire par eux-mêmes. J'ai beaucoup souffert car je manquais de tout. Il m'arrivait souvent d'aller à l'école avec deux chaussures de différents couleur, marque et pointure…". Une véritable vie de souffrance malgré le courage de sa mère. Les difficultés vont contraindre la famille à s'installer au village à l'abri des vices et du besoin. En outre, c'est au village que les mots solidarité et entraide prennent tout leur sens.
Mais, cela n'a entamé en rien la détermination de la petite fille de tout faire pour respecter la volonté de son père afin d'honorer sa mémoire. Ce qui allait à l’encontre de la volonté ses oncles qui tenaient coûte que coûte à la donner en mariage. Ayant toujours les meilleures notes en musique, elle séduit l'un de ses professeurs d'anglais et musique, Djibril Ballo. Celui-ci l'intègre dans le groupe qu'il avait fondé à Sikorolen (Yanfolila). "Notre première répétition a pris l'ampleur d'un concert", se souvient-elle. Muté à Sikasso, Djibril Ballo l'amène avec lui. En 1994, elle représente la région de Sikasso à un festival à Kignan et s'y distingue comme la meilleure révélation de l'événement. Par la suite, le jeune talent a eu plusieurs consécrations et prix d'excellence.
Après le DEF en 1994, Mariam est orientée au Centre d'enseignement technique et commercial (CETEC) puis au Collège technique moderne (CTM). Ses études sont sanctionnées en 1998 par un Brevet de technicien en secrétariat de direction. "J'ai chômé pendant une année. Dépitée par cette situation qui ne m'arrangeait pas puisque j'étais à ma propre charge, j'ai décidé d'intégrer l'Institut des formations des maîtres (IFM) de Sévaré". Depuis la fin de ses études en 2001, Mariam enseigne à l'Ecole d'excellence fondamentale de Torokorobougou.
Les études n'ont pas réussi à éloigner Mariam de la musique. En 2002, guidée par son amour pour la culture et sa passion musicale, elle prend contact avec la Maison d’édition et production "Kaarta" afin de se lancer dans le showbiz. Avec Kaarta, elle s'engage pour 5 ans. Un temps suffisant pour raffermir son talent et exploiter ses immenses potentialités artistiques. La même année, elle finalise son premier album, "Mousso fassa".
Courageuse et talentueuse, Mariam continue de combiner son amour de l'enseignement et sa passion pour la musique. "Ce n'est pas facile à associer. L'enseignement me prend trop de temps. A cause des contraintes scolaires, je n'ai pas pu m'occuper convenablement de la promotion de mon album", explique la jeune star. Mais il n’est pas question, pour le moment, d'abandonner l'enseignement pour la musique. "Il est vrai que c'est par contrainte sociale que j'ai opté pour l'enseignement. Mais, je ne pense pas l'abandonné au profit de la musique", précise "Mousso fassa". C'est ainsi que l'appelle désormais ses élèves et ses collègues enseignants ainsi que ses fans depuis le succès de son tube.
Le choix de cette charmante et élégante peulh se comprends aisément. "J'aime beaucoup les enfants. Avec eux, les relations sont toujours sincères et franches. Ils ne savent pas tricher avec les sentiments des autres. Sans compter que l'enseignement est aussi un créneau de promotion pour moi à travers les différentes sollicitations pour l'animation des manifestations artistiques et culturelles. Mon expérience d'enseignant me permet de facilement affronter la masse sans complexe ni anxiété. Habituée à affronter le regard de mes élèves, je me sens à l'aise sur scène dans une salle comble"; confesse-t-elle.
La trentaine à l'horizon, Mariam est aujourd'hui bien lancée pour réaliser ses ambitions sociales et artistiques. Le succès de son coup d'essai lui a ouvert les portes du showbiz. Actuellement, elle travaille avec Kadia Lellé sur un album de quatre titres non destiné à la vente. Une œuvre de sensibilisation du Projet-Sida de la GTZ. Sur cette oeuvre, trois morceaux sont destinés à la mobilisation sociale contre la pandémie du VIH/Sida et un titre à la scolarisation des filles. "Après ce travail, je vais penser à entrer au studio pour un second album”. Un projet sur lequel elle est assez avancée. Sans doute, en pédagogue, elle saura composer des chansons qui ne feront que conforter l'énorme succès de Mousso fassa. Elle promet de mettre les bouchées doubles afin d'offrir une autre merveille à ses fans. Et ce n'est pas le talent qui lui fera défaut pour tenir sa promesse et réaliser ses ambitions.
Bonne chance Mariam.

Idrissa Soumaoro en Finale
C'est officiel, la nouvelle vient de nous parvenir. Idrissa Soumaoro, pour son premier album "Kotè" produit par Syllart production, a été retenu finaliste du concours découverte RFI 2004. La finale de cette édition qui se déroulera à Bamako dans la première semaine du mois décembre 2004, mettra au prise Idrissa Soumaoro (ancien combattant) à Ba Cissoko de la Guinée et Abdou Guité Seck du Sénégal. Nous espérons que son étoile brillera d'avantage en début décembre prochain. Félicitations Idrissa.

Amkoullel sur la Côte d'Azur
A peine rentrée de ses vacances, le jeune charmeur a pris la route pour la Cote d'Azur (Nice) où il s'est produit le mardi dernier au festival de jazz en compagnie de Cheick Tidiane Seck.