27
Septembre 2004
IDRISSA
SOUMAORO, NOMINE AU PRIX RFI MUSIQUES
«J’aspire à la plus haute marche du podium»
Nominé
au Prix RFI Musiques du monde grâce à son album Kotè,
Idrissa Soumaoro prépare
activement le concert final. Un événement prévu
en décembre (le 2) prochain au Centre culturel français
de Bamako. Dans cet entretien, il parle de ses sentiments, de ses attentes,
de Kotè, etc.
Interview !
Mag
: Comment avez-vous accueilli votre nomination au Prix RFI Musiques
du monde ?
Idrissa Soumaoro : Cela a été une agréable
surprise pour moi. Même si, après le travail accompli,
je m’attendais à une consécration de ce genre. En
apprenant que j’étais retenu parmi les trois finalistes,
sur plus de 200 candidatures, j’étais très heureux
pour moi-même, pour ma famille et pour mon pays, le Mali. J’espère
que la suite nous sera favorable.
-En
postulant à ce prix, étiez-vous réellement convaincu
d’être finaliste ?
I.S : L’initiative de ma candidature ne vient
pas de moi. Ce sont les organisateurs du concours qui m’ont eux-mêmes
sollicité, à travers mon manager, après avoir écouté
Kotè. J’ai alors eu des pressentiments par rapport à
une éventuelle consécration. En tout cas, j’espérais
occuper une position honorable après cette sollicitation.
-A
quel niveau évaluez-vous vos chances par rapport aux autres finalistes
?
I.S : J’espère occuper la plus haute marche
du podium. Cela me fera chaud au cœur, surtout que la finale aura
lieu à Bamako. J’ai confiance à mon art. Je ne sous-estime
pas mes concurrents car je connais déjà l’un des
groupes. Mais, je pense que j’ai des chances de remporter ce trophée.
Je n’ai aucune crainte et je compte m’exprimer le plus naturellement
du monde le jour de la finale.
-Après
cette nomination, ne regrettez-vous pas d’être resté
un peu trop dans l’ombre ?
I.S : Certes, je suis resté dans l’ombre
sur le plan international. Mais, j’ai toujours évolué
dans le milieu musical. J’ai eu trois cordes à mon arc.
Je suis d’abord enseignant (musique et anglais). Sur ce plan,
je n’ai plus rien à démontrer parce que je suis
déjà dans l’antichambre de la retraite. Ensuite,
j’évolue au piano avec mon groupe de variétés,
Les Compagnons, qui est aujourd’hui l’un des meilleurs du
pays dans l’animation des hôtels, bar restaurants et autres
espaces de loisirs. Avec ce groupe, je joue exclusivement au clavier.
Ces deux activités peuvent aller de paire. Mais, lorsqu’on
donne la priorité à la création, en tant qu’auteur
Compositeur, c’est aspiré à une carrière
internationale. Ce qui est synonyme d’aventure et de course contre
l’argent. Je suis tellement enraciné dans la culture malienne
que j’ai toujours accordé la priorité à ma
famille au détriment d’une carrière musicale internationale.
Parce que cela allait m’éloigner de ma famille et de mes
racines au pays. C’est un choix que je ne regrette pas aujourd’hui
quels que soient les honneurs que Kotè m’apportent.
-D’une
manière générale, êtes-vous satisfait de
l’accueil réservé à Kotè ?
I.S : Je suis très satisfait de cet accueil.
Mes attentes sont en train d’être comblées. Kotè
m’ouvre déjà des portes du show biz international
parce qu’il a été bien distribué en Europe.
Ainsi, en fin mars 2004, j’étais en Angleterre pour sa
promotion. C’était sur l’invitation d’une maison
de production considérée comme le Diatigui des stars africaines
tels Salif Kéita, Ismaël Lô, Myriam Makeba…
Kotè se vend bien un peu partout dans le monde, surtout en Europe.
-Et
au niveau national ?
I.S : Ça se passe bien aussi au plan national.
Je suis passé à certains points de vente approvisionnés
par Mali K7, le distributeur officiel de Kotè au Mali, où
les vendeurs m’ont assuré que l’album marche au point
qu’ils sont souvent en rupture de stocks. Malheureusement, la
piraterie est devenue la rançon de ce succès commercial.
L’album est de plus en plus piraté. Ce qui représente
un immense manque à gagner pour le producteur, le distributeur
et l’auteur que je suis.
-Pourquoi
après tant d'années de carrière musicale vous visez
aujourd'hui le show biz international?
I.S : C'est une question de priorité. J'ai donné
la priorité à la formation, je ne vous apprend rien si
je vous dit que j'ai été encadreur à l'institut
national des jeunes aveugles du Mali d'où sont sortis Amadou
et Mariam qui sont des stars confirmées sur la scène internationale
et qui ont été des lauréats de ce concours Découvertes
RFI en 1984 à Lomé si je m'abuse. Pour revenir à
votre question, je dirai qu'après tant d'années, je pense
que j'ai une mission d'éducation de la jeunesse à l'échelon
international à travers les messages contenus dans mes chansons
et montré l'autre versant de la musique malienne.
-Pouvez-vous
nous faire la genèse de la production de cet album ?
I.S : Cela faisait dix ans qu’un ami, Modibo
Nianzon Traoré, courrait derrière Ibrahima Sylla (Syllart
production) pour qu’il puisse me produire. Ce n’est qu’en
fin 2002 qu’il a accepté d’écouter ma maquette
qui a été très convaincante. Je profite donc de
l’occasion pour remercier cet ami qui n’a ménagé
aucun effort pour que je puisse être produit par Syllart Production.
Je remercie aussi Ibrahim Sylla qui m’a non seulement accordé
ma chance, mais a aussi mis tous les moyens à ma disposition
pour réussir un travail de qualité. L’harmonica,
la flûte, l’accordéon, les petites percussions...,
j’ai eu tout ce qu’il me fallait et le résultat est
là.
-En
dehors de la finale du Prix RFI Musique du monde, quels sont vos projets
immédiats ?
I.S : J’ai des propositions de concert en Italie.
Je dois aussi me produire en France. Tout comme en Angleterre où
je dois animer une douzaine de spectacles. J’ai proposé
aux différents promoteurs d’essayer d’harmoniser
les dates pour me faciliter la tâche. De janvier à mars
2005, il me sera facile de répondre à leurs sollicitations.
Pour le moment je reste concentré sur la finale.
-Votre
mot de la fin ?
I.S : je remercie tous ceux qui ont cru à ce
travail et qui m’ont aidé, de près ou de loin, à
le réaliser. Je remercie Modibo Nianzon Traoré, Syllart
Production et Mali K7. Je suis aujourd’hui un homme comblé
et je me mets au travail pour que cette nomination se termine en apothéose
en décembre prochain. Nous allons donner le meilleur de nous-mêmes
pour mériter la confiance et le soutien de tous les Maliens.
Propos
recueillis par
King Moseto
Découvertes
RFI Musique du Monde
Antoine Yvernault, le Chef du département Opérations Culturelles
à RFI, est attendu à Bamako en ce jour 27 septembre en
début de soirée. Monsieur Yvernault qui vient s'enquérir
de l'état des lieux (choix du site, évaluation de la Sono,
lumière, choix des partenaires et annonceurs enfin lieu d'hébergement
l'équipes RFI et des artistes attendus) est un Ami de l'Afrique.
Durant son séjour Bamakois tout sera passé au peigne fin.
Mbilia
Bell le nouvel album
Belissimo est le titre générique de son prochain opus
qui sera disponible sur le marché courant octobre 2004. Un album
de 10 titres mélodieux produit par Syllart production sur lequel
la belle Mbilia invite la grande voix de la musique mandingue Kandia
Kouyaté "Droit à l'amour". Vous
aurez très prochainement les extraits de cet opus sur les ondes
des stations FM.
Djénèba
Seck
Malgré l'actualité nationale consacrée aux pirates
(criquets pèlerins) qui ravagent tout sur leur passage, le nouvel
opus de Djénèba
Seck "Tignè" rafle toutes les mises. 10
jours après sa sortie le bilan est éloquent même
si les pirates s'en sont mêlés. Ces criminels qui ne reculent
jamais. Le Combat contre les criquets pèlerins est en passe d'être
gagné ; pourquoi ne pas mettre en un poste de commandement opérationnel
contre les pirates des œuvres artistiques et culturelles?