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Octobre 2004
PIRATERIE
AU MALI
Les nouvelles filières du mal
La piraterie est un phénomène récurrent qui
est en train de ruiner toute l'industrie musicale de notre pays en condamnant
les talents à l'oisiveté et à la galère
sociale. La menace est si réelle et inquiétante qu'elle
avait suscité une seconde marche (après celle de février
2000) des artistes en juin dernier, à l'occasion de la Fête
de la musique. Et pourtant, peu avant, le ministre de la Culture s'était
personnellement engagé à éradiquer le fléau
avant novembre 2004 ou de démissionner en cas d'échec.
A quelques
semaines de cette échéance, on constate amèrement
que le mal s'enracine davantage dans l'environnement culturel et commercial
du Mali. Jamais la piraterie n'a été aussi florissante
dans notre pays. Et l'affaire est si juteuse que Bamako est en train
de devenir la plaque tournant de la contrefaçon des œuvres
artistiques et culturelles de l'Afrique de l'Ouest. De sources concordantes,
des petites unités clandestines de duplication de cassettes,
de DVD et de VCD se multiplient dans la capitale. Elles sont aussi bien
équipées pour reproduire les jaquettes.
Pis, profitant du fait que de petits vendeurs se promènent impunément
avec des cartons pleins d'œuvres piratées, certains n'ont
trouvé d'autres moyens de faire fortune que de créer des
"unités mobiles" de piratage. En effet, de nombreux
jeunes se promènent avec un appareil installé dans une
charrette pour copier des cassettes en vogue à vils prix. Et
cela se passe au vu et au su de tout le monde. Mais, personne, à
commencer par le Bureau malien des droits d'auteur (BUMDA), ne proteste
par une rigoureuse répression.
Cette forme de piraterie n'est pas, hélas, le seul souci des
artistes et des promoteurs d'industrie musicale et artistique. De nos
jours, nous (producteurs, artistes, distributeurs…) assistons,
impuissants à l'apparition de nouvelles filières. Le marché
malien n'est plus inondé de produits pirates provenant seulement
de la Guinée -Conakry, du Togo... Mais, il est aussi convoité
par des réseaux implantés en Chine et aux Emirats Arabes
Unis. Aujourd'hui, ils disposent de la technologie de pointe pour la
duplication des albums à succès. Et cela à faible
coût de production. Ce qui leur permettra de proposer, en gros,
des cassettes à moins de 250 F CFA l'unité.
Ces nouvelles filières sont toujours contrôlées
par le célèbre Kaluani. Installé à Dubaï,
cet homme d'affaire est aujourd'hui à la tête d'un vrai
empire de contrefaçon. C'est à parti de Dubaï qu'il
inonde les marchés africains avec des produits battant toute
concurrence. Pour se faire, ils bénéficient de la complicité
de certains opérateurs économiques du pays. Ceux-ci ne
doivent pas être inconnues du BUMDA qui leur délivrent
des autorisations d'importer. Ces opérateurs économiques
véreux, dont nous taisons volontairement les noms pour les besoins
de notre enquête, n’hésitent pas à déclarer
qu'ils ne manquent pas de fonds pour corrompre les agents de la chaîne
de contrôle des importations (direction de la concurrence, douanes,
BUMDA, etc.).
Là où le bas blesse, c'est qu'au moment où ces
nouvelles filières veulent définitivement conquérir
un marché déjà contrôlé à 90
% par les pirates, les agents du BUMDA se donnent en spectacle de la
façon la plus humiliante. Ils exigent le départ de leur
Directeur général parce que celui-ci a refusé de
soutenir certains de leurs camarades pris la main dans le sac pour complicité
dans une affaire de piratage des œuvres de Salif
Kéita. Se plier à un tel chantage serait
définitivement enterrer le Bumda. Parce que, à l'avenir,
le DG sera toujours obligé de se plier aux exigences de ses subordonnés
dont la majorité n'est pas une référence en matière
de transparence, de compétence, d'efficacité et d'honnêteté.
Nous ne cesserons jamais de le dire, pour efficacement lutter contre
la piraterie, le ministre de la Culture doit prendre la responsabilité
de purger le BUMDA de ses brebis galeuses qui veulent, comble de l'ironie,
se faire passer pour des boucs émissaires dans le pillage du
talent de nos artistes. Ce service a aujourd'hui, plus que jamais, besoin
de sang neuf et d'agents compétents et intègres. Et cela
doit être considéré comme une mesure urgente à
prendre, comme un préalable. C'est en tout cas, à notre
avis, la condition sine qua non si le ministre de la Culture veut réellement
tenir sa promesse et gagner le pari d'éradiquer la piraterie.
King Moseto
Rokia
à l'assaut de l'Amérique
Le rossignol du Bélédougou, Rokia
Traoré, vient de reprendre son bâton de pèlerin
pour poursuivre sa marche conquérante vers le sommet du show
biz international. En effet depuis le début de ce mois, elle
a entrepris une tournée américaine pour une quinzaine
de spectacles en Jamaïque, au Canada et aux Etats-Unis. Accompagnée
de ses musiciens qui l'ont rejoint en France il y a seulement quelques
jours, la fine Rose de la musique malienne va se produire dans des villes
comme Kingston (Jamaïque), Chicago, New York, Seattle, Minneapolis,
au festival de San Francisco, au festival de Jazz de Los Angeles (Etats-Unis),
Toronto, Montréal, Vancouver (Canada). Cette tournée,
qui prendra fin aux environs du 25 octobre, permettra sans doute à
Rokia Traoré de définitivement conquérir le public
américain.
Adama
Yalomba Womex
Adama Yalomba
et ses musiciens partiront aujourd'hui pour la France où ils
doivent animer deux concerts à Aubervilliers dans le cadre d'un
festival dénommé "Ville des Musiques du Monde"
les 26 et 27 octobre prochain. L'enfant de Ké-Macina se produira
ensuite en Allemagne dans le cadre du plus grand Salon International
du disque: le Womex.
Kandia
Kouyaté va mieux
L'ETAT malien à travers le département de la culture est
au chevet de la Diva Kandia
Kouyaté hospitalisé à Rabat, au Maroc.